La transparence «pre-trade» pour les obligations et les dérivés est remise en cause
Les députés européens s’apprêtent à remettre en cause le principe de transparence préalable à la négociation de titres proposé par la Commission européenne dans le cadre de la révision de l’organisation des marchés.
Selon nos informations, deux amendements qui devraient être votés cet après-midi par la commission des affaires économiques et monétaires libèrent les banques de l’obligation de publier préalablement les cours auxquels s’opèrent les transactions, quand elles agissent en tant qu’«internalisateur», autrement dit par le biais de leurs systèmes internes d’appariement des ordres. Ces amendements ne maintiendraient une stricte obligation de transparence que pour les ordres «de détail», lesquels représentent une fraction très limitée de ces marchés essentiellement aux mains d’investisseurs institutionnels et des brokers.
Ces changements soutenus par le rapporteur de la directive et du règlement sur les marchés d’instruments financiers (MiFID 2 et MiFIR) Markus Ferber devraient recevoir le soutien d’une majorité de députés aux termes des compromis négociés depuis le début de la semaine. La Commission européenne entend s’opposer à cette évolution qui va à l’encontre de l’esprit de sa réforme de la directive sur les marchés d’instruments financiers. Celle-ci vise à combattre la fragmentation des marchés d’actions et à rendre plus transparents les marchés obligataires et de dérivés. Le vote de cet après-midi «n’est pas la fin de l’histoire», indiquait hier une source à la Commission. En effet, le texte est en cours d’examen au Conseil des ministres des finances et sera débattu dans les mois à venir entre les trois institutions en vue d’arriver à un compromis final.
Ce n’est pas la première fois que l’exécutif européen s’inquiète des inflexions proposées par le rapporteur Ferber. Une précédente proposition d’amendement visait en effet à réintroduire le trading pour compte propre (sous l’étiquette de «matched principle trading») dans le cadre des OTF (organized trading venues), alors que la Commission avait fait de l’interdiction du trading pour compte propre un point fort de sa proposition.
Cette disposition ne figure plus dans les compromis parlementaires, ce qui pourrait rendre le statut d’OTF moins attractif pour les banques. D’où l’attention plus grande portée au statut d’internalisateur systématique qui avait été largement boudé par les opérateurs sous le régime de la première directive MIF.
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise. -
BioMérieux réduit ses ambitions pour 2027 et 2028
Le laboratoire vise désormais une croissance organique annuelle comprise entre 3% et 6% pour les deux prochaines années. -
Michelin réaffirme ses objectifs annuels dans un contexte «compliqué»
Le fabricant de pneumatiques prévoit une progression de son résultat opérationnel des secteurs à périmètre et taux de change constants par rapport à 2025, et une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros. -
La croissance d'Air Liquide a accéléré au deuxième trimestre
Le groupe a également enregistré une amélioration de sa rentabilité. Les dirigeants confirment leurs objectifs pour l'ensemble de l'année. -
Safran profite de la vigueur de ses activités de services pour moteurs civils
Les dirigeants ont relevé leurs ambitions annuelles après une forte hausse des résultats du groupe sur les six premiers mois de l'année. -
Orange prend la tête du CAC 40 après le relèvement de ses objectifs pour 2026
Le groupe de télécoms prévoit désormais une croissance de son excédent brut d'exploitation de plus de 4% après une progression de 5% sur les six premiers mois de l'année.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeGéopolitique fiction (2) – Proche-Orient 2027 : brouillard généralisé
Continuons notre courte liste de scénarios perturbants et de politique fiction qui pourraient survenir l'an prochain sur la scène internationale -
La City contre-attaqueMais qu’est devenue l’idée d'un « Singapour-on-Thames » à Londres ?
SERIE. Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations de la City, depuis le Brexit puis le Covid qui ont ébranlé cette place financière, longtemps considérée comme sans rivale en Europe. Dans cet épisode, retour sur le projet d'un environnement règlementaire beaucoup plus souple, à l'image de Singapour. -
- 11 % à Séoul, - 4 % à Tokyo : pourquoi les Bourses asiatiques ont-elles lourdement chuté mardi ?
Mardi, les marchés asiatiques ont encaissé une nouvelle forte baisse dans un contexte d’inquiétudes sur le marché des semi-conducteurs et de l'IA