La titrisation de Place devrait être lancée en France au troisième trimestre
Les banques françaises espèrent pouvoir disposer d’un nouveau gisement de collatéral dans les mois à venir alors qu’elles en ont de plus en plus besoin depuis le début de la crise financière. Les établissements financiers s’apprêtent à mettre en place un véhicule de titrisation des créances, dont la première émission est prévue au troisième trimestre.
«On est dans la phase de finalisation et de lancement du produit au niveau de la Place», assure Alexandre Gautier, directeur des opérations de marché à la Banque de France (BdF) et animateur du projet encouragé par la Place depuis 2011. La première émission serait «idéalement de plus de 2 milliards d’euros», selon le banquier qui précise que deux établissements étrangers pourraient y participer.
Un appel d’offres doit encore être lancé afin de sélectionner un dépositaire et une société de gestion pour ce véhicule, une société anonyme de titrisation. Il aura des compartiments dédiés à chaque établissement et émettra des titres non tranchés. La documentation sera standardisée. Toutes les créances pourront être mobilisées, à la condition d’être acceptées auprès de l’Eurosystème.
Les créances supplémentaires qui ont été temporairement admises par la Banque centrale européenne (BCE) ne seront en revanche pas incluses. La BdF estime le gisement de créances éligibles à près de 100 milliards d’euros. Grâce à cela, les banques pourraient a priori disposer de «quelques dizaines de milliards d’euros supplémentaires» de collatéral.
La Place espère que les nouveaux titres seront acceptés au guichet de refinancement de l’Eurosystème mais celui-ci n’a pas encore donné son feu vert: «Ce n’est pas un préalable à la première émission même si nous espérons qu’il sera simultané à cette dernière», explique Alexandre Gautier. Sans le filet de sécurité offert par la BCE, les banques pourraient rechigner à titriser les créances.
La BdF, soucieuse de mettre en œuvre les recommandations des régulateurs, souhaite noter elle-même les titres mais cette démarche suscite beaucoup d’interrogations au niveau de l’Eurosystème. «Nous aimerions réduire la dépendance vis-à-vis des agences mais il faut reconnaître que ce n’est pas simple», explique Alexandre Gautier. L’absence de notation de la part d’agence pourrait notamment empêcher les assureurs d’investir dans les titrisations de créances.
Plus d'articles du même thème
-
IA et gestion de patrimoine : la fin du conseiller bancaire standardisé, l’avènement du conseiller augmenté
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une menace pour les métiers du conseil. Dans la banque et la gestion de patrimoine, le débat est généralement posé
de manière binaire : la technologie remplacera-t-elle demain les conseillers humains ? -
Le défi de l’IA en entreprise est autant humain que technologique
L’enquête de Baker Tilly pointe la crainte des dirigeants d’une pénurie de talents, ainsi qu’une attention perfectible à la protection des données face au rythme d’innovation. -
Pictet boucle son sixième fonds de co-investissement à 1,53 milliard de dollars
Le gérant revendique un multiple moyen de 3,1 fois la mise sur les investissements réalisés au travers des précédents vintages de Monte Rosa Co-Investments. -
L'essor des ETF crypto profite à BlackRock et Fidelity
La pression sur les frais et la chute des encours a déjà fait des victimes parmi les acteurs établis. -
CPPIB renforce son exposition au crédit conso américain et au paiement fractionné
L'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada s'engage à acquérir jusqu'à 2,2 milliards de dollars américains de prêts à la consommation originés par Affirm sur deux ans, via une entente de flux prévisionnel. -
La guerre au Moyen-Orient n'affole pas la place financière de Paris
Au Paris Finance Forum, les acteurs de la place financière parisienne ont tempéré l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les marchés, soulignant la résilience européenne.
ETF à la Une
Exposition au MSCI World au coût le plus bas du marché
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Corse : 5 adresses confidentielles pour s’échapper hors des sentiers battus
Entre les plages de sable fin de Porto-Vecchio, les falaises de Bonifacio et les calanques de Piana classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Corse attire chaque année des milliers de voyageurs. Pourtant, l’Île de Beauté révèle un tout autre visage lorsque l’on s’éloigne des itinéraires les plus fréquentés. La preuve par 5 ! -
Après l’affaire Lyhanna, la justice face au défi d’examiner 70 000 enquêtes en un mois
Après le choc de l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux de passer au crible 70 000 enquêtes préliminaires pour violences sexuelles sur mineurs. Une tâche massive, à mener avant le 14 juillet -
TotemTransition écologique : Mathieu Lefèvre s'attire les foudres des administrateurs de l'Ademe
Les administrateurs et salariés de l’Ademe ont l'impression que l'agence de la transition écologique est jetée en pâture aux sénateurs de droite par l'exécutif