La Société Générale monte une structure dédiée aux fonds souverains
La clientèle des banques centrale et des fonds d’Etat représenterait déjà quelque 10 % des actifs sous gestion de SGAM
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Alexandre Garabedian
Sauveurs des banques d’investissement en difficulté, les fonds souverains font aussi rêver les sociétés de gestion. Mais pas pour les mêmes raisons. Selon des sources proches, la Société Générale s’apprête à annoncer la création dans les prochaines semaines d’une structure dédiée à cette clientèle, dont la richesse va croissant, ainsi qu’aux banques centrales. Une unité basée à Paris, et qui s’appuiera aussi sur des relais commerciaux en Asie.
La banque n’a évidemment pas attendu 2008 pour s’intéresser à un segment qui compte dans ses rangs des membres actifs depuis les années 70, comme à Singapour et aux Emirats arabes unis. Elle gère déjà de gros tickets pour certains des fonds souverains les plus connus. Aujourd’hui, quatre professionnels chevronnés (des senior bankers) traitent une quarantaine de clients ou prospects. Et les investisseurs appartenant à la sphère publique représenteraient près de 10 % des actifs sous gestion de Société Générale Asset Management (Sgam) à fin 2007, soit l’équivalent de 35 milliards d’euros.
En termes d’effectifs commerciaux, la future structure devrait compter six collaborateurs. Un effort additionnel modeste en moyens humains, et qui illustre le rapport coûts/bénéfices très favorable de ce segment. La création de cette unité dédiée montre toute l’importance accordée à une catégorie de clientèle exigeante, courtisée par l’ensemble des grands gestionnaires d’actifs, et maniant des sommes énormes. Les estimations des actifs gérés aujourd’hui par les fonds souverains varient de 2.900 à 3.500 milliards de dollars, un montant qui pourrait atteindre, selon Morgan Stanley, 12.000 milliards à l’horizon 2015. Outre un recours accru à des gestionnaires externes dans une stratégie de diversification vers des actifs risqués comme les actions, les fonds souverains sont pourvoyeurs de revenus dans des métiers connexes : la conservation ou le prêt-emprunt de titres, par exemple.
Signe des temps, Crédit Agricole Asset Management a déjà annoncé fin février la création d’une ligne métier dédiée à la clientèle des fonds souverains, banques centrales, et fonds de pension d’Etat, en désignant des responsables dans chaque région du monde. Là aussi, CAAM a éprouvé le besoin de formaliser et d’identifier des services qu’il propose depuis des années.
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