La Société Générale confirme l’attrait des titres AT1 pour les investisseurs
Encore un nouvel exemple du succès rencontré par les émissions de titres contingents convertibles («cocos»). La Société Générale a réuni un carnet d’ordres impressionnant de 16 milliards de dollars lors d’une émission de titres additional tier 1 (AT1) libellés en billet vert, qui lui a permis de lever 1,75 milliard.
L’opération, assortie d’une première date de «call» de dix ans et d’un coupon de 7,875%, est de type «write-down/write-up». Elle contient ainsi une clause de dépréciation de sa valeur si le ratio CET1 chute en dessous d’un seuil de 5,125%,à hauteur d’un montant nécessaire au retour sur ce seuil, ainsi que d’une clause de retour à meilleure fortune qui permet à la banque de reconstituer la valeur du titre progressivement en fonction de ses bénéfices et de sa capacité distribuable.
La banque française était déjà venue tester l’appétit des investisseurs pour ces titres compatibles avec Bâle 3 et comptant comme actifs de type «bail-in», en émettant 1,25 milliard de dollars d’AT1 en août dernier, avec une première date de «call» à cinq ans. L’intérêt grandissant des investisseurs pour ce nouveau type d’instruments a permis à la Société Générale d’obtenir une meilleure cotation que sur sa première obligation 8,25%, dont le prix s’est d’ailleurs resserré pour atteindre 106%. Par rapport à sa première émission, la banque a en outre élargi son offre aux investisseurs domestiques américains.
Vincent Robillard, responsable du financement groupe à la Société Générale, explique le succès par une conjonction de facteurs : une bonne perception du crédit SocGen, une meilleure compréhension de ce type de structures, un panel élargi d’investisseurs, auxquels il faut ajouter le contexte actuel de liquidité abondante. Credit Suisse avait déjà réussi à attirer une demande de 19 milliards pour son émission d’AT1 d’un montant de 2,25 milliards de dollars. Et Barclays a élargi la profondeur du marché en émettant avec succès ce type de produits en devise européenne. «Les investisseurs étrangers récompensent aujourd’hui le travail de renforcement du bilan effectué par les banques européennes», se félicite Vincent Robillard.
JPMorgan estime que les 25 banques européennes qui souffrent des besoins en capitaux les plus importants pourraient être contraintes de lever un montant cumulé de quelque 31 milliards d’euros en 2014 sur des instruments de type AT1 pour se conformer à la réglementation.
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