La situation au Portugal éclipse l’accord sur le Mécanisme européen de stabilité
Encore un effort pour les dirigeants européens. L’accord trouvé lundi soir entre ministres des Finances sur le fonctionnement du Mécanisme européen de stabilité (ESM) qui prendra le relais en 2013 de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) a été plutôt bien accueilli en ce qu’il permettrait, avec 500 milliards d’euros de capacité de financement, de secourir au besoin l’Espagne.
L’ESM prêtera à une marge de 200 points de base pour des maturités allant jusqu’à 3 ans, et rajoutera 100 pb au-delà. L’EFSF, lui, facture sur ces échéances 300 et 400 pb de marge, en plus d’une commission de 50 pb. Pour les pays forcés de recourir au soutien de leurs partenaires après 2013, l’économie sera donc de 150 pb. «Après la récente réduction des coûts d’emprunt accordés à la Grèce lors du Sommet européen du 11 mars, les nouvelles conditions de l’ESM ne seront que de 50 pb inférieures pour Athènes, relativisent cependant les stratégistes de Citigroup. Cela n’aurait donc pas d’effet positif significatif sur les perspectives budgétaires du pays si la Grèce était obligée de recourir aussi à l’ESM».
Pour mémoire, le futur mécanisme se distingue de l’EFSF sur deux points majeurs: il sera déclenché si la dette du pays aidé est jugée soutenable, et conduira les créanciers privés à restructurer la dette en cas de difficulté. Les prêts jouiront par ailleurs d’un statut de créancier super senior (seuls ceux du FMI seront mieux protégés). «Ces éléments signifient que même avec un soutien élargi, les marchés resteront nerveux sur des pays comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, où les efforts requis pour assainir les finances publiques pourraient être socialement inacceptables à moyen terme», craint Luigi Speranza, économiste chez BNP Paribas.
La situation politique du Portugal a d’ailleurs éclipsé hier l’accord. Le gouvernement minoritaire joue sa survie avec le vote aujourd’hui d’un nouveau train d’austérité que l’opposition refuse. Le risque de nouvelles élections, qui accroissent la probabilité d’un recours à l’EFSF, a provoqué mardi un net élargissement des rendements à 5 ans portugais (+30 pb à 8%).
Les modalités techniques de l’accroissement de la capacité d’intervention de l’EFSF, elles, resteront en suspens encore plusieurs semaines. Le tout pour ne pas polluer les élections du 17 avril en Finlande, alors que le parti anti-européen a les faveurs des sondages.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion. -
L'espace, nouvelle frontière des centres de données
Satelliser des infrastructures cloud permettrait d'apporter une solution aux contraintes terrestres (disponibilité énergétique, foncier, accès à l'eau) susceptibles d'entraver le développement spectaculaire de l'intelligence artificielle (IA). -
L’économie américaine a détruit des emplois en juillet
Le marché du travail s’est contre toute attente affaibli le mois dernier aux Etats-Unis, avec 23.000 pertes d’emplois. Les actions accélèrent à la hausse, les taux se resserrent et le dollar recule. La hausse de taux de la Fed de septembre se trouve remise en question.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Apollo va créer un pôle stratégique pour l’innovation
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur