La signature de l’Union européenne reste prisée des investisseurs
Troisième du genre cette année, l’émission du Mécanisme européen de stabilité financière (ESM ou EFSM) était surveillée de près. D’abord parce que cette émanation de l’Union européenne chargée de financer les Etats en difficulté a commencé à démarcher les investisseurs lundi, au lendemain de la défaite des socialistes en Espagne et de la mise sous surveillance de la note de l’Italie, dans un climat de forte aversion pour le risque. Ensuite, car elle annonce une série d’émissions de référence d’ici à décembre de la part de l’EFSM et de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF), compte tenu des besoins de financement de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal.
Les résultats du placement, destiné à financer les sauvetages de l’Irlande et du Portugal, montrent que la dette supranationale AAA reste prisée des investisseurs. L’EFSM a vendu 4,75 milliards d’euros d’obligations à 10 ans dans une transaction pilotée par BNP Paribas, CA CIB, Credit Suisse, DZ Bank et JPMorgan. A 11 milliards d’euros, la demande s’est certes révélée inférieure à celles des émissions de janvier (19 milliards d’euros pour des titres à 5 ans, et 5 milliards placés) et de mars (15 milliards demandés, pour 4,6 milliards placés à 7 ans). Mais elle a permis de resserrer les conditions de l’emprunt, à 14 points de base au-dessus des swaps, contre une indication initiale de 15 pb. «Cela correspond à un rendement de 3,53%, soit 46 pb de spread au-dessus de la courbe allemande. C’est en ligne avec les spreads observés sur les maturités décembre 2015 et avril 2018 émises cette année», estime UniCredit.
L’EFSM émettra encore avant l’été une obligation à 5 ans, pour un montant compris entre 3 et 5 milliards d’euros. Deutsche Bank, HSBC, la Société Générale et UBS devraient diriger la transaction. Deux autres emprunts de référence devraient suivre d’ici à 2011.
Pour sa part, l’EFSF doit préciser aujourd’hui son programme d’émission à l’occasion d’une conférence à Luxembourg. Son patron, Klaus Regling, a déjà annoncé une opération début juin. Cinq autres emprunts de référence devraient suivre en 2011, dont l’un d’ici à fin juin. Le véhicule n’exclut pas en outre d’aller abonder des souches existantes ou de recourir à des placements privés. Au total, l’EFSF devra verser 26 milliards d’euros sur 3 ans au Portugal et 17,5 milliards à l’Irlande, tandis que les débours se monteront dans le même temps à 26 et 22,5 milliards côté EFSM.
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