La sécheresse met le prix des céréales sous tension

Le prix du blé a bondi de 30% en Europe et de 40% aux Etats-Unis depuis juin. Après les Etats-Unis, la situation en Europe centrale inquiète
Krystèle Tachdjian
Un champ de blé en Alsace. Photo: REA
Un champ de blé en Alsace. Photo: REA  - 

Tous les voyants sont au rouge sur le marché mondial des céréales. «Nous sommes dans une situation inédite avec la sécheresse qui frappe les Etats-Unis depuis un mois, et met en péril la récolte de maïs pour septembre-octobre, conjuguée à une sécheresse qui est en train de s’installer aussi en Europe centrale, et pèse sur la production de blé», explique Michel Portier, directeur de la société de conseil Agritel. «Le marché a déjà anticipé et les tensions se font fortement sentir sur le prix des céréales depuis plusieurs semaines», poursuit le professionnel.

Depuis le début du mois de juin, le prix du blé a augmenté de près de 30% en Europe et de 40% aux Etats-Unis. En Ukraine, en Russie et au Kazakhstan. Agritel estime à 29 millions de tonnes de blé le déficit de production par rapport à 2011 pour ces trois pays.

Outre-Atlantique, le département américain de l’Agriculture (USDA) a été conduit le 11 juillet à réviser à la baisse ses estimations de stocks de maïs, blé et soja 2012-2013. La situation des éleveurs américains est à ce point critique que certains d’entre eux, confrontés à l’impossibilité de nourrir leur bétail, préfèrent abattre une partie de leur cheptel. Cette situation entraîne une baisse des prix de la viande en raison de l’abondance des denrées mises sur le marché mais à moyen terme, les prix devraient repartir à la hausse le temps que les cheptels soient reconstitués.

«Il faut aussi s’attendre à une augmentation des prix à la consommation. Cela se fera de façon progressive dans le temps et de façon différente en fonction du poids du coût des céréales dans le produit consommé», ajoute Michel Portier.

«Les tensions sur la production, la forte demande en céréales en provenance des grands groupes industriels, et la hausse des coûts suggèrent qu’il faut encore s’attendre à de fortes hausses des prix des céréales, en particuliers pour le blé, le maïs, et le soja», soulignent quant à eux les analystes de Barclays dans une note récente.

Outre les caprices de la météo, les yeux sont aussi tournés vers Pékin dont l’appétit pour les produits de base fait la pluie et le beau temps sur les marchés. La Chine représente 21% de la population mondiale mais ne dispose que de 9% des terres arables. Le ralentissement de l’économie chinoise n’a pas encore eu de réelle conséquence sur ses achats de matières agricoles. Mais cela reste une source de préoccupation majeure.

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