La Russie active un plan de soutien massif à son secteur bancaire

Le gouvernement va mobiliser 1.550 milliards de roubles (20 milliards d’euros) pour recapitaliser les banques du pays et créer une «bad bank».
Patrick Aussannaire

L’officialisation du plan anticrise du gouvernement russe a permis hier de ramener un peu de calme sur les marchés. La chute du rouble se limitait ainsi hier à 1,7% contre dollar et 1,3% contre euro, avec une hausse du rendement des obligations d’Etat à 10 ans libellées en dollar de 3 pb à 7,04%. Dans le cadre du plan de soutien massif à l’économie d’un montant provisoire de 2.340 milliards de roubles (30 milliards d’euros), 1.550 milliards (66%) seront uniquement consacrés à la recapitalisation du secteur bancaire russe. Le reste sera dédié au soutien aux entreprises ainsi qu’au financement de projets d’infrastructures ciblés.

Ce programme, annoncé en fin d’année dernière, sera financé à hauteur de 1.000 milliards de roubles par l’émission d’obligations d’Etat déjà inscrites dans le budget 2014, alors que les 550 milliards restants proviendront du fonds souverain russe, avec 300 milliards consacrés à la recapitalisation de la seule banque publique VEB. «Les autorités restent engagées à réduire les dépenses non essentielles pour financer le programme anticrise et voient favorablement le fait que la dépréciation de la devise absorbe en partie les effets sur le budget de la forte chute des prix du pétrole», explique en outre Natixis.

Le plan prévoit également la création dès la fin du mois d’une structure de défaisance («bad bank») pour y loger les créances à risque. Dans une lettre datée de vendredi dernier, la banque centrale (CBR) exhorte les banques à apporter leur pierre au soutien à l’économie. «Compte tenu du niveau croissant des risques de crédit et de change sur les marchés financiers, la CBR recommande aux institutions de crédit d’envisager une restructuration des prêts hypothécaires aux particuliers en devises étrangères, comprenant la conversion de ces prêts en rouble». La conversion devrait se faire au cours du taux de change prévalant au... 10 janvier 2014, soit environ 50% de plus que son niveau actuel contre dollar et 40% contre euro. Une différence que devront payer les banques.

«La fragilité du système financier limite les canaux de transmission de la politique monétaire, rendant ainsi les décisions de la banque centrale plus difficiles dans un contexte de récession et d’accélération de l’inflation», rappelle Natixis. La hausse des taux directeurs de 550 pb opérée en décembre n’avait pas réussi à enrayer la chute du rouble et avait eu peu d’effets sur le marché interbancaire.

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