La reprise de l’immobilier britannique ravive la crainte d’une nouvelle bulle
Le marché britannique de l’immobilier recommence à flamber. L’indice mensuel du Royal Institution of Chartered Surveyors est monté à 36 points en juillet, contre 21 en juin. Il s’agit de son plus haut score depuis novembre 2006, indique l’institut professionnel. L’indice s’était inscrit à 5 points seulement en mai. Selon le baromètre du Royal Institution of Chartered Surveyors, les prix augmentent dans l’ensemble des régions du pays, et plus seulement à Londres comme c'était le cas il y a encore quelques mois.
La forte progression de la demande serait à l’origine de cette remontée. L’indice des recherches de nouveaux logements s’est élevé à 53 en juillet, contre 38 le mois précédent, niveau inconnu depuis quatre ans. Ces chiffres confirment ceux publiés en début de mois par Halifax (Lloyds Banking Group) ou par Nationwide Building Society. L’étude d’Halifax avait notamment montré une progression de 4,6% des prix entre mai et juillet et elle prédisait une poursuite de cette tendance dans les prochains mois.
Ces statistiques tendent à prouver l’efficacité du programme gouvernemental de relance du marché, dit «help to buy», lancé le 1er avril et piloté par la banque nationalisée Northern Rock. Rien qu’au mois de juin, 25.000 prêts ont été accordés à des primo-accédants à la propriété, 30% de plus qu’un an auparavant, selon les statistiques du Council of Mortgage Lenders. Pour l’ensemble du deuxième trimestre, le nombre de crédits est à son plus haut niveau depuis cinq ans et demi. Le tout avec une hausse du prêt moyen de 4%, à 117.000 livres.
De quoi nourrir les inquiétudes sur la création d’une nouvelle bulle immobilière en Grande-Bretagne et renforcer les critiques contre le plan «help to buy» du gouvernement de David Camerom. La semaine dernière, Mark Carney, le gouverneur de la banque d’Angleterre, a rappelé qu’il surveillerait de près l’évolution du marché immobilier. Et si jamais une flambée excessive menaçait la stabilité de l’économie britannique, il conseillerait une suspension de la mesure. Celle-ci doit normalement durer trois ans.
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