La relance de l’investissement se heurte au déficit des retraites
Le projet de réforme des caisses de retraites complémentaires, annoncé la semaine dernière par le gouvernement dans le cadre du plan de relance de l’investissement, soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Avare en détails, Matignon prévoit d’assouplir les directives des régimes Agirc-Arrco d’ici à la fin du mois de mai, pour les autoriser à investir davantage dans les entreprises de croissance.
Le règlement Agirc-Arrco autorise l’investissement dans des entreprises non cotées dans le cadre d’une poche «alternative» représentant 5% des réserves. Mais «dans les faits, peu de gestionnaires des caisses de retraite investissent en private equity. Peu liquide, cette classe d’actifs nécessite un horizon de placement long, avec la certitude d’avoir 8 à 9 ans devant soi. Or, les institutions comme les nôtres ne maîtrisent pas les passifs des retraites: le fléchage des réserves des caisses complémentaires vers des fonds de prêts à l’économie pose la question de la pérennité des fonds», indique Jean-Louis Charles, directeur des investissements du groupe AG2R La Mondiale, favorable à la mesure gouvernementale.
Le projet gouvernemental se heurte en effet à un obstacle de taille: le manque de liquidité structurel dont souffrent l’Agirc (cadres) et l’Arrco (salariés), en raison de leur déficit. «Les réserves se réduisent comme une peau de chagrin car elles sont remontées par les fédérations Agirc-Arrco pour combler leurs déficits. Nous ne travaillons plus pour l’Agirc», rappelle le directeur financier d’une institution. Fin 2014, environ 70% des réserves de l’Arrco étaient encore gérées par délégation (soit entre 30 et 35 milliards d’euros), selon nos informations. «Le projet est pour l’instant incompatible avec la volatilité que l’on nous annonce sur la façon dont le système des retraites complémentaires est géré», résume sans ambages un responsable.
L’autre sujet concerne la possibilité pour les caisses de mutualiser leurs investissements. «Techniquement, une mutualisation est concevable, par exemple sous la forme d’une plate-forme pour la sélection des prestataires de services d’investissement. La constitution d’équipes spécialisées dans les classes d’actifs non cotées par chaque institution qui gère des réserves entraînerait en effet des coûts non négligeables. Mais il me semble que l’on en est sur ce point à un stade exploratoire», remarque Yves Chevalier, membre du directoire du Fonds de réserve pour les retraites.
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