La régulation bancaire n’est pas étrangère à la dégradation de la liquidité
A la veille d’une probable hausse des taux aux Etats-Unis, qui pourrait provoquer un regain de volatilité, la dernière étude de PwC agit comme une piqûre de rappel. Le cabinet de conseil pointe à son tour la faiblesse de la liquidité sur les marchés financiers et son risque pour la croissance économique. C’est un sujet brûlant pris très au sérieux par les grandes banques centrales et par le FMI, car cette faiblesse touche désormais des segments traditionnellement profonds comme celui des Treasuries américains ou du Bund allemand.
Par rapport aux innombrables autres études sur le sujet, PwC passe aussi en revue d’autres marchés que celui des obligations, notamment celui des actions où il décèle une forte réduction des possibilités de trading sur les valeurs moyennes.
Le document, commandé par la Global Financial Markets Association (GFMA) et l’Institute of International Finance (IIF), désigne la régulation bancaire comme l’une des causes:«Des activités avec des besoins en capitaux et en financement très importants comme le market making sur les marchés de taux, du crédit, des dérivés ou des matières premières ont été particulièrement affectées». Les capacités de trading des banques ont diminué de 40% depuis 2008. Or, la tenue de marché reste un maillon important dans la fluidité des marchés financiers alors que les solutions de substitution, comme les ETF (exchange-traded-funds), les plates-formes électroniques ou les participants alternatifs comme les hedge funds, sont loin de pouvoir totalement la remplacer.
Mais la régulation n’est pas seule en cause selon le cabinet de conseil: «D’autres facteurs comme le changement dans l’appréhension du risque ou la focalisation sur certains marchés de la part des participants affectent également la liquidité du marché. De plus, une plus faible rentabilité et la nécessité de réduire les coûts ont aussi contribué à la réduction des bilans».
PwC note que malgré la réduction de la capacité des teneurs de marché, les marchés continuent de traiter normalement et que cela n’a pour le moment pas eu de conséquence économique, les entreprises et les Etats continuant à se financer sans problème. La raison: les politiques monétaires ultra-accommodantes qui ont pour l’heure occulté ce manque de liquidité et alimenté une certaine complaisance de la part des investisseurs. Mais qu’en sera-t-il une fois que la Fed aura initié la normalisation de sa politique monétaire?
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