La région Ile-de-France alimente la vague des «green bonds»
Le «vert» paye pour l’Ile-de-France. Pourtant habituée des marchés obligataires, la région a réalisé sa plus grosse émission via un «green bond», des titres de dette destinés à financer des projets environnementaux et socialement responsables. Sa taille s’élève à 600 millions d’euros, quasiment deux fois plus que le montant jamais levé par la région. Le tout avec une maturité de 12 ans.
«Le caractère ‘green’ ne garantit pas nécessairement de meilleures conditions pour l’émetteur. Mais dans le cas de la région Ile-de-France, cela a permis d’attirer des investisseurs supplémentaires qui cherchent des titres spécifiques et donc d’obtenir une demande nourrie, avec un effet positif sur le spread final», explique Jérôme Pellet, directeur au sein du département marchés de dette et de capitaux de HSBC France. La banque a organisé le placement avec Crédit Agricole CIB et Natixis.
Proposé à 20 points de base au-dessus de l’OAT correspondante, le spread a été resserré à 19 pb au moment de l’ouverture du livre d’ordres, pour finir à 18 pb. Le coupon ressort à 2,375%. La demande a atteint plus de 750 millions d’euros. Le caractère «vert» a permis d’attirer de nouveaux investisseurs internationaux. Ces derniers ont pris 24% de l’émission, contre 15% lors du premier «green bond» de 2012 pour un montant de 350 millions d’euros. Pour cela, la région a procédé à son premier road-show en dehors de l’Hexagone, en Allemagne. Elle a également accordé plus de garanties aux investisseurs sur l’usage réellement «responsable» des fonds levés. Les critères de sélection de projets (rénovation de bâtiments publics, transports en commun, énergies renouvelables…) ont été validés par l’agence de notation spécialisée Vigeo. Les projets doivent respecter onze critères touchant notamment à la lutte contre le changement climatique, la transition écologique, l’aménagement, le développement économique et responsable du territoire et la lutte contre les inégalités.
D’autres collectivités locales pourraient emboîter le pas à la région Ile-de-France, pour des montant toutefois inférieurs. «Ce type d’émission est en train de se normer. L’ISR est un domaine assez vaste, avec des spécificités différentes selon les pays, ce qui nécessite un travail d’organisation des différentes parties prenantes», indique Jérôme Pellet. D’où la création récente par les grandes banques internationales d’une instance de gouvernance de ce jeune marché.
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