La récession de l'économie européenne prend un caractère structurel
La zone euro ne sort pas la tête de l’eau. La France est officiellement entrée en récession avec un recul de son PIB de 0,2% au premier trimestre, le troisième sur les quatre derniers trimestres, après un repli identique constaté fin 2012. En cause: la consommation des ménages qui a retiré 0,1 point au PIB, ainsi que le commerce extérieur qui a retiré 0,2 point avec une baisse des exportations de 0,5% sur la période. Signes de la persistance de la faiblesse de l’activité: l’inflation, à 0,7% en avril, est tombée à son plus bas niveau depuis novembre 2009, et l’investissement s’est contracté de 0,9% sur le trimestre.
L’acquis de croissance de -0,3% pour l’année 2013 n’est pas encourageant, après une croissance nulle en 2012. Si Dominique Barbet, économiste de BNP Paribas, estime que le crédit d’impôt compétitivité-emploi et le déblocage de l'épargne salariale «sont de nature à soutenir l’activité au deuxième semestre», il alerte sur le fait que «cela ne suffira peut-être pas pour compenser l’impact de la récession actuelle et éviter une baisse du PIB en 2013».
Et la France ne peut pas compter sur ses partenaires européens. L'économie de la zone euro s’est contractée de 0,2%, pour le sixième trimestre consécutif. La locomotive allemande a calé avec une reprise de seulement 0,1% marquée par une nouvelle baisse des investissements, après une contraction du PIB de 0,7% au trimestre précédent. «L'économie allemande ne reprend que lentement», constate l’Office fédéral de la statistique. Quant aux Pays-Bas, longtemps montrés en exemple, ils restent en récession de 0,1%, alors que l’Italie encaisse son septième trimestre consécutif de baisse du PIB.
Dans ce contexte, la prévision de croissance de 0,1% maintenue hier par le gouvernement français est plus que jamais sujette à caution, menaçant l’objectif de ramener le déficit public à 3,7% du PIB fin 2013. L’AFT adjugera demain entre 7,8 et 9,2 milliards d’euros. Depuis le début de l’année, elle a émis un total de 87,2 milliards, soit près de 46,2% de son objectif annuel.
Pour le moment, «les OAT françaises restent parmi les plus prisées au regard du ratio demande sur offre moyen réalisé depuis le début de l’année de 2,27», estime Natixis. Le taux moyen s’établit cette année à 1,47%, en nette baisse par rapport aux 1,84% enregistrés en 2012, et avec une maturité résiduelle moyenne sensiblement plus importante, de 8,6 ans, contre 7,7 années en 2012.
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