La RBA observe une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire
La RBA s’offre une pause. Le conseil des gouverneurs de la banque centrale australienne a laissé son taux directeur inchangé hier à 3,50%. Une décision certes attendue par les 28 économistes interrogés par Bloomberg après des baisses de 75 pb en deux mois, mais qui traduit sa volonté «d'équilibrer les risques en faveur d’un dollar australien plus fort contre un euro toujours vulnérable» selon Citigroup.
«Le taux de change a été volatil ces temps derniers, et reste élevé» a d’ailleurs indiqué Glen Stevens, le gouverneur de la RBA. Et de prendre un tournant attentiste en précisant que «la conséquence des décisions prises antérieurement est qu’il y a eu un assouplissement notable de la politique monétaire ces six derniers mois».
Malgré les propos de Glen Stevens évoquant une croissance plus forte que prévu au premier semestre ainsi que l’envolée de 27,3% des permis de construire en mai, la devise baissait légèrement hier après être montée à un plus haut de deux mois hier à 1,0285 contre le billet vert, les marchés anticipant le statu quo avec une probabilité de 70%, contre 40% il y a une semaine. Le taux à 10 ans a gagné 15 pb en une semaine pour atteindre 3,19%. La croissance a atteint 4,3% au premier trimestre, son rythme le plus soutenu depuis 2007, et le chômage s’est maintenu au faible taux de 5,1% en mai.
Dans ce contexte, Barclays estime que «la politique monétaire laxiste de la Fed, de la BoE et de la BCE, et la stabilisation de la croissance chinoise devraient soutenir le dollar australien». Le dollar néo-zélandais a enregistré la meilleure performance des pays émergents après que la banque centrale a laissé entrevoir un durcissement monétaire futur.
Mais tel n’est pas le cas de la RBA. Les marchés continuent de tabler, avec une probabilité de 80%, sur une baisse des taux de 25 pb en août, et de 100 pb d’ici février 2013. Natixis estime que la RBA devrait baisser ses taux en août afin de compenser les effets négatifs de l’austérité budgétaire, qui débute en juillet, ou dans le cas d’une détérioration de la situation en Europe. «Avec une faible croissance mondiale et une pression qui risque de perdurer sur le prix des matières premières, nous anticipons une reprise du cycle d’assouplissement dès août, ce qui devrait faire repartir le dollar australien à la baisse» ajoute Credit Suisse.
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