La politique de la BoJ alimente la volatilité des marchés japonais
Le Japon fait face à de violents ajustements de marchés. La Bourse de Tokyo a encaissé le 23 mai sa plus lourde chute depuis le mois de mars 2011 au cours duquel le pays avait été dévasté par un séisme et un tsunami historiques, retirant ainsi quelque 314 milliards de dollars de valeur de marché. Un mouvement qui se poursuivait même ce matin.
Après avoir connu un bond de 80% en six mois suite à la politique de relance monétaire et budgétaire exceptionnelle mise en place par les autorités, l’indice Nikkei a clôturé hier sur une baisse de 7,32% à 14.483,98 points et l’indice Topix sur une chute de 6,87% à 1.188,34 points, dans des volumes d'échange inédits depuis la création de cette place boursière en 1949. La chute est généralisée puisque pas une seule des 225 valeurs qui composent l’indice Nikkei n’était dans le vert à la clôture: un phénomène qui ne s’était pas produit depuis avril 2005. Aujourd’hui, le Nikkei abandonnait 3% une heure et demi avant la clôture.
Un revirement d’autant plus spectaculaire que l’indice Nikkei enregistrait une hausse confortable de 1,8% dans les premiers échanges mercredi soir, avant la publication d’un mauvais indicateur PMI en Chine, et bondissait aujourd’hui de plus de 3% en début de séance. Mais l’action de la BoJ n’y serait pas étrangère non plus: selon Fidelity, c’est la remontée des taux longs japonais jusqu’au seuil de 1% en séance qui a servi de déclencheur à la correction. Par effet d’éviction, les investisseurs se sont ensuite portés sur les obligations d’Etat japonaises, ce qui a permis au rendement à 10 ans de revenir à 0,88%. Depuis le point bas de 0,315% atteint début avril, le taux à 10 ans a progressé de 68,5 pb, ce qui alourdit la facture de l’Etat de quelque 6.850 milliards de yens. Dans le but de calmer les tensions sur le marché obligataire qui mettent à mal la réussite de sa stratégie, la BoJ a injecté 2.000 milliards de yens sous la forme de prêts à court terme, et annoncé deux opérations de rachats d’obligations pour un montant total de 810 milliards.
«La décision de la BoJ de prendre de telles mesures de rachats d’actifs d’une ampleur sans précédent va inévitablement engendrer une hausse de la volatilité», estime Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. L’indice de volatilité à 50 jours du Topix a atteint hier, à 28,8 points, son plus haut niveau depuis mai 2011, alors que 7.660 milliards de titres ont changé de mains. La Société Générale indique en outre que les hedge funds pèsent à hauteur d’un tiers dans les positions longues sur le Nikkei.
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