La polémique sur les jets privés pénalise Dassault Aviation
Les jets privés sont dans l’œil du cyclone. Critiqués pour leurs forts taux d’émission de carbone par passager transporté, ces avions mériteraient d’être «bannis» selon le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou. Sans aller aussi loin, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a estimé dans Le Parisien que ces vols devraient être «régulés». A la Bourse de Paris, ces attaques ont affecté l’action de Dassault Aviation, constructeur de la gamme d’avions d’affaires Falcon, qui a perdu jusqu’à 5,3% en séance lundi avant de clôturer sur un repli de 2,8%, contre une baisse limitée à 1,8% pour le SBF 120.
Beaucoup de chasseurs Rafale
Cette polémique «a pu peser sur le titre dans un marché difficile», indique un analyste basé à Paris. Au premier semestre, les ventes de Falcon ont atteint 961 millions d’euros, soit 31% du chiffre d’affaires global de l’entreprise. A fin juin dernier, ils ne représentaient toutefois «que» 13% du carnet de commandes du groupe en raison de la montée en puissance des exportations de Rafale. Les prises de commandes au premier semestre ont d’ailleurs porté à 88% sur l’avion de combat. Si la forte exposition de Dassault Aviation aux marchés militaires a permis l’envolée de l’action depuis le début de l’année, ses perspectives dans le segment de l’aviation d’affaires sont également suivies de près par les investisseurs. «Il s’agit d’un secteur en phase de reprise pour le groupe», confirme un analyste parisien. Dans ce contexte, tout vent contraire susceptible de remettre en cause ce rebond est regardé avec attention. Le risque de récession est, à ce titre, le plus prégnant car il réduirait la capacité des entreprises à acheter des avions d’affaires.
Mais les incertitudes politiques et réglementaires ne peuvent pas non plus être ignorées. Encore très hypothétique, la mise en place de mesures restrictives à l’échelle française et, pourquoi pas, européenne, concernant l’utilisation de jets privés pourrait diminuer l’attrait pour ce type d’appareils. Pour des questions de politique ESG, il est même envisageable que des grandes entreprises renoncent ou réduisent drastiquement leur recours aux avions d’affaires de manière volontaire au profit de moyens de transport moins émetteurs de CO2. En attendant, l’action Dassault Aviation garde les faveurs des analystes. Sur les huit suivant la valeur selon Factset, ils sont six à la recommander à l’achat.
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