La Place s’adapte à la future augmentation des besoins en collatéral
La réglementation européenne, Emir, va contraindre les utilisateurs de dérivés à mieux gérer leur collatéral
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Solenn Poullennec
Les acteurs de la Place de Paris tentent de s’adapter à la nouvelle réglementation européenne sur les dérivés. Lors d’une réunion organisée par l’Association française des professionnels des titres (AFTI), certains se sont inquiétés de l’augmentation des besoins en collatéral, même si elle constitue une opportunité de développement pour les professionnels du post-marché.
Le règlement Emir, qui doit rentrer en vigueur à partir de la mi-2013, encourage notamment la compensation des produits dérivés standardisés et impose de nouvelles contraintes en collatéral pour les dérivés échangés de manière bilatérale.
Les besoins de collatéral s’en trouveront forcément augmentés mais il est difficile de savoir à quel point, a rappelé le directeur général des opérations de la Banque de France, Denis Beau. Crise oblige, l’intermédiation des banques centrales, friandes de collatéral, est très importante et les transactions réalisées de manière sécurisée ont beaucoup augmenté mais cette situation est exceptionnelle. Par ailleurs, les réglementations qui auront un impact sur le collatéral ne sont pas encore figées dans le marbre.
Quoi qu’il en soit, l’augmentation des besoins obligera les gestionnaires à repenser leur stratégie, selon Jean-Christophe Morandeau, directeur juridique chez Natixis AM: «On envisage le cas échéant de réduire l’utilisation des dérivés pour nous assurer que cela n’aura pas d’impact important sur le coût des portefeuilles».«Emir se traduit d’abord et avant tout par un accroissement de la complexité opérationnelle», ajoute Laurent Durdilly, directeur du marketing chez le dépositaire-conservateur Caceis. Selon lui, les acteurs du buy-side ont aujourd’hui tendance à gérer leur collatéral en silo, c’est-à-dire par catégorie d’instruments, ce qui n’est pas optimal.
Aux dires d’Alex Buffet, directeur services dérivés chez Société Générale Securities Services, les utilisateurs de dérivés vont devoir utiliser des techniques de prêt-emprunt de titres, de netting, de cross-margining et valoriser avec soin leurs instruments pour optimiser les appels de marges.
Ce sont autant d’opportunités qui se créent pour les acteurs du post-marché. BNP Paribas a ainsi présenté son offre d’OTC Client Clearing tandis que la patronne d’Euroclear France a vanté les mérites de son futur service d’«autoroute du collatéral» qui doit permettre aux acteurs d’en mobiliser le maximum par-delà les frontières.
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