La perspective d’une dégradation de l’Espagne en catégorie spéculative s'éloigne
Le risque qu’une dégradation prochaine de la dette espagnole fasse remonter sensiblement ses coûts de financement sur les marchés semble s’écarter. L’agence de notation Standard & Poor’s a revu la perspective de la note du pays, actuellement à BBB-, de «négative» à «stable». S&P salue ainsi l’amélioration des perspectives de croissance et les mesures prises par le gouvernement espagnol.
Cette perspective signifie qu’il y a «moins d’une chance sur trois» pour qu’elle soit revue à la baisse ou à la hausse au cours des deux prochaines années. «C’est une annonce bienvenue car la probabilité d’une dégradation de l’Espagne en catégorie spéculative n’est plus d’actualité», estime Gizem Kara, économiste chez BNP Paribas CIB. Le pays a vu la perspective de sa note BBB chez Fitch relevée de négative à stable en novembre. Il reste cependant noté à un cran seulement au-dessus de la catégorie «junk», à Baa3 avec une perspective négative, par Moody’s.
Les marchés ont assez peu réagi à l’annonce de S&P. Vendredi, le taux des titres souverains à 10 ans se détendait de 3,8 points de base, à 4,1%. Les rendements du pays avaient atteint 7,5% à l’été 2012 au moment où Madrid avait demandé un programme d’aide pour ses banques. Celui-ci a finalement été de 41,3 milliards d’euros.
Même si S&P continue de s’inquiéter sérieusement de la faiblesse de la demande domestique et du haut niveau de chômage, «la position extérieure de l’Espagne s’améliore alors que la croissance se reprend graduellement», explique-t-elle. A ses yeux, le PIB devrait se replier de 1,2% cette année, mais augmenter de 0,8% l’année prochaine et de 1,2% en 2015, principalement grâce aux exportations. S&P fait aussi valoir que l’excédent de la balance des transactions courantes devrait passer de 1,4% du PIB en 2013 à 3% de celui-ci en 2015-2016, grâce à un renforcement de la compétitivité du pays.
L’agence estime que le retour timide de la croissance ne contribuera pas au redressement des finances publiques en raison de la faiblesse de la demande mais elle salue les mesures budgétaires et les réformes structurelles mises en œuvre par le gouvernement. Elle estime que le déficit budgétaire sera de 6,5% du PIB cette année et que le gouvernement parviendra bien à le ramener à 5,8% du PIB l’année prochaine, même «si ce n’est peut-être qu’aux prix d’efforts budgétaires supplémentaires».
Plus d'articles du même thème
-
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam. -
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
Chaud devantAprès la canicule, l'hôpital entre mesures express et promesses à dix ans
Il faudra attendre des semaines pour pouvoir tirer le bilan humain de cet épisode historique de canicule -
Coup de chaudLe torchon brûle entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire
Les esprits s'échauffent entre la grande distribution et ses fournisseurs agroalimentaires. La température ne semble pas près de retomber -
Face aux chaleurs extrêmes les pièges du « travailler moins »
Le débat s’enflamme sur l’adaptation du travail à la canicule, mais il n'échappe pas aux limites économiques du pays