«La performance des titres subordonnés n’a pas été à la hauteur des espoirs»
- L’Agefi : Quel bilan faites-vous de l’activité sur le marché depuis le début de l’année ?
- Hervé Boiral : Depuis le début de l’année, les convenances n’ont guère été respectées sur les taux euro : les indices high yield (HY) affichent une progression de 5,5%, les indices investment grade 6,5%, et enfin les indices d’Etat performent de plus de 8%! Foin de la hiérarchie habituelle, va-t-il falloir apprendre aux gérant HY à se diversifier sur l’OAT ? D’aucuns affirmeront que c’est sans doute un peu tard… Evidemment, cette vision recèle une certaine dose de mauvaise foi : à maturité égale, Numericable a mieux performé que le Bund correspondant. Mais le fait est que les indices HY ont une duration moyenne bien inférieure à celle des indices gouvernementaux, et dans un contexte de baisse prononcée des taux, c’est celui qui a la plus longue sensibilité qui gagne. De même, la normalisation des périphériques a vu les spreads des pays du sud - Italie, Espagne, Portugal - divisés par 2. Difficile de concurrencer… Un phénomène identique a été observé sur le crédit : les hauts bêtas ont déçu. En janvier, nous placions de fortes espérances dans les nouveaux titres subordonnés, que ce soit les titres corporates hybrides ou les obligations subordonnées bancaires Additional Tier 1 (AT1). Or, leur performances n’ont pas été à la hauteur, et nombre de gérants ont été échaudés au vu de leur forte volatilité. Une avalanche de primaires, offrant souvent une faible NIP (prime de nouvelle émission), a bridé leur perspective, et l’on attend encore au moins 50 milliards d’euros de nouvelles émissions.
- Quelle sera votre stratégie pour les prochains mois ?
- Nous continuons à favoriser les hauts bêtas avec une sélectivité accrue. Et il est probable que les taux négatifs sur la partie courte des pays core poussent les investisseurs vers le crédit. Gageons que le crédit a encore de beaux jours devant lui.
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