La PBOC reprend en main le marché monétaire chinois
Signe du temps, la Banque Populaire de Chine (PBOC) a également fait vœu de plus de transparence, dans la foulée de ses consœurs étrangères. Dans son rapport trimestriel de politique monétaire, la banque centrale s’est ainsi engagée à «renforcer sa communication avec les marchés et le public afin de stabiliser les anticipations et de guider vers une stabilisation des taux d’intérêt», suite à la crise du marché interbancaire à laquelle elle a dû faire face en juin, et qui a vu les taux à court terme monter au-dessus des 30% sur certaines maturités.
Hier, elle a injecté 15 milliards et 12 milliards de yuans (soit un total de 3,3 milliards d’euros) sur le marché monétaire par le biais d’opérations de reverse repos à 14 et à 7 jours. En fixant le taux moyen à 4,10% et 4%, soit 40 points de base (pb) de moins qu’à sa précédente intervention la semaine dernière, la PBOC a permis au taux monétaire de refinancement à 7 jours et au taux au jour le jour de se détendre de 10 et 5 pb pour revenir à respectivement 3,79% et 3,19%.
Une détente qui a même résonné jusqu’à Hong Kong où le rendement moyen des obligations chinoises cotées sur le marché a chuté de 74 pb pour tomber à 4,37%, après avoir atteint un record de 5,11% le 8 juillet, selon l’indice calculé par Deutsche Bank et S&P. Les taux sont ainsi revenus à leur plus faible niveau depuis le 20 juin, en plein cœur de la crise du marché interbancaire, mais restent en hausse de 62 pb depuis le début de l’année.
Mais derrière cette volonté affichée de transparence et de laisser les marchés agir librement pour sanctionner les banques qui ont contourné les règles de restriction du crédit en recourant à la finance de l’ombre, la PBOC ne semble pas avoir abandonné ses vieux démons. Elle aurait ainsi émis en juillet, en toute discrétion, 183 milliards de yuans de titres à 3 ans qui arrivaient à maturité, réduisant ainsi de moitié l’effet des injections de liquidités qui ont atteint 342 milliards le mois dernier.
La fixation des rendements assortis aux opérations de reverse repo permet également à Pékin d’avoir le contrôle sur les taux. Si, en principe, ces opérations sont réalisées sous forme d’adjudications ouvertes, c’est en réalité la PBOC qui fixe les rendements aux opérateurs. «Il est clair que la PBOC veut imposer un intervalle dans lequel elle souhaite voir les taux évoluer, et il est visiblement orienté à la baisse», indique un trader de la place cité par Reuters.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.