La négociation entre Athènes et créanciers renvoyée au niveau technique
Pour la Grèce, deux chemins se dessinaient jeudi soir après une réunion entre ministres des Finances de la zone euro encore moins concluante que celle de la veille. Ils ont été signifiés au Premier ministre grec au tout début de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement qui se réunissait dans la foulée de l’Eurogroupe, selon une source européenne. Le premier passe par une prolongation du programme actuel de trois à six mois, la poursuite du soutien apporté par la BCE, le déblocage des tranches restantes du Fonds européen de stabilisation financière et du FMI. Le second débouche sur… l’inconnu.
Si, samedi, les ministres des Finances sont dans l’incapacité de valider l’accord au niveau des institutions (staff level agreement) sur lequel les négociations se poursuivaient jeudi soir, un conseil européen extraordinaire pourrait se réunir dès le week-end pour prendre acte de l’impasse. Dans ce cas, non seulement Athènes sera dans l’incapacité de rembourser le FMI le 30 juin mais, surtout, le deuxième programme ayant expiré, la BCE ne pourra continuer à soutenir les banques du pays. Les tentatives faites depuis des mois par Alexis Tsipras de hisser la négociation au niveau des chefs d’Etat ont une nouvelle fois échoué.
Jeudi soir à Bruxelles, la première option était toutefois privilégiée. «Il reste une chance d’aboutir», espérait une source européenne. Si un accord intervenait au niveau technique vendredi, un nouvel Eurogroupe serait convoqué samedi pour en prendre acte. Le Parlement grec devrait voter l’accord pendant le weekend, afin de permettre au Bundestag et au parlement finnois de se prononcer dès lundi sur la prolongation pour quelques mois du deuxième programme. La BCE pourrait alors reverser sans délai à Athènes les coupons de son portefeuille d’obligations grecques, ce qui libèrerait les fonds nécessaires au paiement du Fonds.
Le délai ainsi consenti permettrait de préparer un après-deuxième programme. Le montage consisterait à soulager la BCE de son portefeuille d’obligations grecques en finançant leur rachat par Athènes au moyen d’un prêt du mécanisme européen de stabilité, pour 27 milliards d’euros. Sous la pression de Berlin, les institutions ont jusqu’à ici refusé une telle «restructuration» soft dans l’accord en préparation pour la conclusion du deuxième programme, alors que celle-ci est jugée nécessaire aux négociateurs grecs pour qu’Alexis Tsipras puisse obtenir le soutien de son parlement dans les jours qui viennent.
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