La montée de BlackRock au capital de Telecom Italia fait des vagues
Alors que les actionnaires de Telecom Italia s’opposent à la veille d’une assemblée générale cruciale du 20 décembre, BlackRock se mêle à la bataille. Le gérant américain a confirmé hier détenir 7,783% des droits de vote de l’opérateur transalpin, contre une participation de 5,1% fin octobre.
Dans un entretien au quotidien Il Sole 24 Ore samedi, le président de la Consob Giuseppe Vegas accusait le gérant américain d’avoir en réalité cumulé 10,14% de droits de vote sans lui en avoir référé. Le gendarme boursier s’appuie sur une déclaration déposée à la SEC le 9 décembre. Il a menacé le gérant américain de poursuites. La montée au capital incriminée aurait eu lieu à l’occasion de l’émission d’obligations convertibles de 1,3 milliard d’euros début novembre.
BlackRock dément avoir franchi le seuil de 10% au sens de la loi italienne: en plus des droits de vote déclarés hier, le gérant ajoute qu’il possède des obligations convertibles correspondant à 1,64% du capital, ainsi que des contracts for difference (CFD) donnant accès à 0,1% supplémentaire. Soit un potentiel de près de 9,53%. BlackRock estime en outre que selon les règles de la Consob, «la notification de la détention des convertibles émises par Telecom Italia Finance SA ne s’applique pas, puisque les actions auxquelles les obligations donnent accès n’ont pas encore été émises».
L’enjeu est important pour l’opérateur télécoms, criblé de 28 milliards d’euros de dette: ses actionnaires se réuniront vendredi pour se prononcer sur le maintien de la direction actuelle et sur le conflit qui l’oppose au régulateur brésilien concernant sa filiale locale. Avec une part de 7,8%, BlackRock est le deuxième actionnaire de l’opérateur, derrière Telco (à 22,4%), un véhicule détenu par l’espagnol Telefonica, Generali, Mediobanca et Intesa Sanpaolo. Plusieurs minoritaires demandent l’éviction du conseil d’administration, accusé de favoriser les gros actionnaires. Les deux représentants de Telefonica ont démissionné vendredi dernier, en raison du conflit au Brésil.
Les analystes ne sont pas inquiets pour BlackRock. Mais de manière générale, l’influence que lui confère sa taille interpelle désormais: premier gérant au monde, ses actifs représentent 4.100 milliards de dollars au 30 septembre. Dans son édito du 6 décembre, The Economist évoquait un «risque monolithique». Selon l’hebdomadaire, son influence s’étendrait au total sur près de 7% des 225.000 milliards de dollars d’actifs financiers mondiaux.
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