La menace de Fitch aux Pays-Bas laisse les marchés obligataires de marbre
Les marchés obligataires n’ont pas réagi hier à la mise sous perspective négative de la note des Pays-Bas maintenue à AAA. Au lendemain de l’annonce, les taux d’emprunt néerlandais à 10 ans ont même légèrement reculé d’environ 1,3 point de base à 1,823%.
Ces derniers mois, les investisseurs ont pris pour habitude de rester hermétiques aux avertissements des agences, comme lorsque les Etats-Unis se sont vus ôter leur AAA par S&P en 2011, ou l’an dernier quand Moody’s a dégradé la signature française de Aaa à Aa1 jugeant ses perspectives de croissance affaiblies et sa trajectoire budgétaire incertaine. Avec la crise de la dette, le club des pays les mieux notés a été réduit à portion congrue.
Pour les Pays-Bas, Fitch a justifié sa décision par trois raisons principales: la chute des prix de l’immobilier qui pourrait atteindre 25% par rapport au pic, le niveau d’endettement public plus élevé que dans la plupart des pays notés AAA (Allemagne, Finlande, Luxembourg), et les problèmes récurrents du système bancaire illustrés ces derniers jours par la nationalisation du bancassureur SNS Reaal.
Le soutien gouvernemental de 3,7 milliards d’euros, représente 0,6% du produit intérieur brut (PIB) néerlandais, et va accroître en 2013 le déficit budgétaire du pays, attendu par Fitch à quelque 4% du produit intérieur. Par ailleurs, la décision du gouvernement d’exproprier les créanciers subordonnés obligataires de SNS Reaal pourrait bien donner lieu à une profusion de contentieux. Au moins 25 investisseurs néerlandais et étrangers ont déjà saisi le conseil d’Etat pour contester la décision du ministre des finances Jeroen Dijsselbloem. Les créanciers subordonnés du bancassureur ont 10 jours après la parution du décret de nationalisation pour agir soit jusqu’au 11 février.
SNS Reaal fait avant tout les frais de la dégradation du marché immobilier. Les prix sont de nouveau repartis à la baisse en décembre, et risquent de reculer encore davantage cette année en raison de la disparition des incitations fiscales à l’achat, souligne Natixis.
Selon Fitch, le rythme de repli annuel de 5% à 7% du prix des maisons aux Pays-Bas devrait se poursuivre d’ici à mi-2014. La pression s’annonce forte sur le pouvoir d’achat des ménages qui affichent déjà un taux d’endettement d’environ 130% du PIB, l’un des plus élevés de l’Union européenne.
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