La loi allemande sur les créanciers seniors pourrait faire des émules
Le Bundestag examine depuis le 12 juin un texte sur la résolution bancaire qui pourrait faire des émules en Europe. Le projet présenté en mars dernier par le gouvernement allemand prévoit que les créanciers obligataires seniors non sécurisés soient mis à contribution pour effacer les pertes d’une banque, avant d’autres créanciers seniors tels que les déposants de gros et les contreparties aux contrats dérivés.
«C’est une étape importante pour garantir l’application pratique du mécanisme de résolution», a déclaré au Bundestag la semaine dernière, le ministre délégué aux finances, Michael Meister, «l’objectif est de garantir la stabilité du marché».
La directive européenne sur la résolution et le rétablissement (BRRD), adoptée en 2014, harmonise la façon dont les Etats européens doivent faire face à des défaillances bancaires. Afin de préserver les contribuables, elle prévoit de faire payer les actionnaires et les créanciers d’une banque, y compris seniors, jusqu’à au moins 8% du passif. Le projet de loi de Berlin précise ce dispositif. Par rapport au projet initial, le champ des créanciers seniors en ligne de mire a été élargi en avril pour inclure notamment les prêts Schuldschein.
La nouvelle hiérarchie de mise à contribution des créanciers devrait aussi permettre à Deutsche Bank, en tant que banque internationale d’importance systémique, de se doter plus facilement de la capacité d’absorption des pertes (total loss-absorbing capacity ou TLAC) sur laquelle travaillent les autorités en charge de la stabilité financière au niveau mondial. Alors que les règles du TLAC devraient être précisées d’ici à la fin de l’année par le Conseil de Stabilité Financière, les facilités d’application de celles-ci offertes par le projet de loi allemand ne devraient pas laisser indifférents les autres pays européens.
De sources proches, les autorités françaises surveillent de très près le projet de loi allemand, pas mécontentes que Berlin se soit risqué le premier sur un terrain difficile. Sous réserve que la nouvelle hiérarchisation des créanciers ne provoque pas de remous sur les marchés, Paris pourrait décider de légiférer pour introduire un dispositif similaire. Il faudrait cependant en passer, comme en Allemagne, par une réforme des faillites qui impliquerait la Chancellerie.
Le projet d’ordonnance de transposition de la directive BRRD en droit français, lui, est d’ores et déjà au Conseil d’Etat.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
Dans un environnement de marché marqué par la faiblesse persistante des levées de fonds et des sorties, la banque publique d’investissement entend renforcer son rôle contracyclique en mettant l’accent sur ces deux chantiers stratégiques. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
EQT acquiert Intertek pour 12 milliards d'euros
En acquérant le fournisseur britannique de services d'assurance et de certification, EQT réalise une des plus importantes acquisitions par un groupe de capital-investissement au Royaume-Uni.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs