La hausse des actions émergentes ne traduit pas un phénomène de bulle
La surperformance des actions des marchés émergents par rapport à celles des marchés développés ces dix dernières années justifie de s’interroger sur l’existence d’une bulle sur cette classe d’actifs. Les phénomènes de bulles sont liés à plusieurs éléments et semblent nécessiter en particulier un facteur nouveau déclenchant (rupture technologique, économique ou géopolitique), laissant à penser aux investisseurs que les critères de valorisation appliqués dans le passé ne sont plus pertinents.
Mais il y a toujours un trait commun à ces bulles: la valorisation des actifs concernés s'écarte sensiblement des niveaux moyens historiques constatés. Le graphique ci-joint analyse l'écart-type des valorisations observées sur certaines classes d’actifs emblématiques par rapport à leur tendance à long terme, et l’on observe que lors des grandes bulles des 30 dernières années ‑actions japonaises en 1989, TMT en 2000, immobilier britannique en 2006‑ les valorisations se sont écartées d’au moins 2 écarts-types par rapport à leur moyenne historique.
A la lueur de cette comparaison, la situation parait rassurante pour les actions émergentes. Certes, elles semblent légèrement surévaluées, mais l'écart par rapport à leur tendance de long terme est modeste. Si l’on considère la moyenne des multiples de capitalisation observés depuis 1994, on observe même une décote: le P/E actuel sur les résultats 2011 n’est que de 11 contre 13 fois pour la moyenne historique des P/E du 1er juillet 1994 au 28 février 2011.
En somme, la hausse des cours n’a fait que suivre la hausse de la rentabilité des valeurs cotées. La bulle émergente est donc certainement en train de gonfler, mais on semble loin du risque d'éclatement que certains redoutent.
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