La Grèce s’attaque à l’évasion fiscale pour atteindre ses objectifs budgétaires
Le gouvernement grec a présenté hier un nouveau projet pour atteindre les ambitieux objectifs de réduction des déficits fixés dans le cadre de l’aide apportée par le FMI et l’Union européenne. Il vise cette fois-ci la fraude fiscale, sachant que 15 milliards d’euros passeraient chaque année au travers des mailles de l’administration fiscale d’après les estimations du gouvernement. Il entend ainsi récupérer 11,8 milliards sur trois ans: 1,5 milliard cette année, 4,4 milliards en 2012 et 5,8 milliards en 2013. Ces nouvelles recettes devraient permettre de réduire le déficit budgétaire. Alors qu’il dépassait 10% du produit intérieur brut (PIB) l’an dernier, il doit tomber sous la barre de 1% d’ici à 2015. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a déjà donné mi-avril les grandes lignes de ses nouvelles mesures d’austérité qui devraient être détaillées prochainement.
Pour redresser les finances publiques, le gouvernement tente par ailleurs d’obtenir un nouveau rééchelonnement du remboursement de l’aide de 110 milliards accordée par le FMI et l’Union européenne, après le réaménagement déjà décidé en mars dernier, comme l’a indiqué hier le ministre des Finances George Papaconstantinou. Cette extension des maturités, couplée à une baisse des taux d’intérêt, épargnerait donc pour l’instant la dette privée. Une mission du FMI et de l’UE se rend aujourd’hui à Athènes.
Le gouvernement espagnol, qui a déjà pris de nombreuses mesures d’austérité afin de contenir ses finances publiques, a quant à lui annoncé la poursuite de ses efforts le week-end dernier. Le déficit budgétaire devrait passer de 9,2% du PIB en 2010 à 2,1% en 2014, année où la croissance devrait ressortir à 2,6% d’après les dernières prévisions du ministère des Finances. Ses projections pour 2012 et 2013 sont inchangées. Le déficit budgétaire est attendu à 4,4% en 2012 et 3% en 2013.
L’austérité gagne aussi les régions. La semaine dernière, la ministre des Finances Elena Salgado a conclu avec certains dirigeants de régions un objectif de réduction des déficits. Ils devront tomber à 1% du PIB en 2014. Enfin, comme la Grèce, l’Espagne s’attaque aux activités non déclarées. Le gouvernement a présenté en fin de semaine dernière des mesures pour que les activités non déclarées à cause de la crise soient légalisées.
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