Selon l’accord de principe convenu hier, Athènes recevrait 8,5 milliards d’euros et bénéficierait d’une extension de maturité. Le FMI accepte de s’impliquer sous conditions.
Publié le
Antoine Landrot
Conférence de presse de l’Eurogroupe du 15 juin 2017.
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La Grèce a son accord. De principe, certes, mais l’issue de l’Eurogroupe des 14 et 15 juin n’en tranche pas moins avec les précédents, abonnés aux avancées jamais concluantes. «Je suis heureux d’annoncer que nous avons conclu un accord sur tous les points : conditionnalité, stratégie à venir sur la dette et participation du FMI», s’est félicité Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, lors de la conférence de presse.
Concrètement, les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus pour que le Mécanisme européen de stabilité (MES) puisse verser à la Grèce 8,5 milliards d’euros, dans le cadre du troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros signé en juillet 2015 – et dont 36 milliards ont déjà été débloqués. Dans un premier temps, 7,7 milliards seront remis pour lui permettre de rembourser autant de dette et arriérés redevables en juillet, évitant ainsi une nouvelle crise ouverte avec ses créanciers. Le solde, 800 millions, serait versé après l’été.
Deuxième élément, l’Eurogroupe va envisager une extension des maturités de dette pouvant aller de 0 à 15 ans, à partir de 2018, année qui verra la fin de l’actuel programme d’aide. La maturité moyenne atteint 30 ans actuellement. Corollaire de ce point, le débat sur la participation du Fonds monétaire internationale (FMI) au plan d’aide a avancé. Christine Lagarde, sa directrice générale, a confirmé son intention de proposer au FMI de participer au plan d’aide. Cette décision devrait mettre fin à plusieurs mois de débats avec, principalement, l’Allemagne : le bailleur de fonds international conditionnait sa participation à un allégement de la dette grecque, ce dont Berlin ne voulait pas entendre parler, tandis que l’Allemagne conditionnait le versement d’une nouvelle tranche d’aide au soutien du FMI...
Mais il s’agit d’un accord «de principe», a souligné Christine Lagarde. La contribution financière du FMI pourrait consister en un étalement «d’à peu près deux milliards de dollars», dont la durée serait ajustée pour correspondre à la fin du bail-out européen en juillet 2018. Mais le FMI ne déboursera aucun fonds tant que la zone euro n’aura pas fourni assez d’éléments sur un allègement de dette à partir de 2018 – pour permettre à l’organisation d’estimer si la dette grecque est supportable. Le sujet n’est donc pas totalement clos. Berlin s’est d’ailleurs chargé de le rappeler. Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a averti que la commission des finances du Bundestag aura à se prononcer sur cet accord.
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