La Grèce au menu des ministres européens
Les députés veulent avoir voix au chapitre en matière de contrôle des politiques budgétaires des pays de la zone et des déséquilibres macroéconomiques entre eux. Favorables, comme la Commission, à une plus grande automaticité des sanctions, laquelle avait été battue en brèche par la déclaration de Deauville puis par le Conseil européen dans son ensemble, ils souhaitent pouvoir inviter les gouvernements nationaux à s’exprimer devant eux. «Dès lors qu’il y a une automaticité des sanctions, il faut ouvrir un espace de débat public. On ne peut en rester à une coordination reposant sur un marchandage entre ministres», insiste l’eurodéputé Sylvie Goulard, co-rapporteur du paquet gouvernance.
Cette perspective répugne, pour le moins, les délégations, dont la France, qui argue qu’un tel dialogue violerait les équilibres institutionnels. «Tout ce qui ressemble à une responsabilité des gouvernements devant le Parlement européen est un ‘no go’», estime un diplomate. «Jean-Claude Trichet s’exprime régulièrement devant le Parlement dans le cadre du dialogue monétaire. Je ne sache pas que cela viole l’indépendance de la BCE», réplique la députée ALDE.
Le Parlement souhaite également intervenir dans le sujet des indicateurs des déséquilibres macro-économiques et préciser, là encore, le régime de sanction. Les Vingt-Sept ne sembleraient prêts à faire un pas dans sa direction que sur la création d’une nouvelle sanction pour «fraude statistique», qui n'était pas prévue à l’origine par la Commission. Le Conseil Ecofin devant adopter une position commune demain matin, les négociations avec le Parlement pourraient commencer dès demain après-midi, si les positions des deux institutions ne sont pas trop éloignées.
Par ailleurs, le Conseil Ecofin endossera le «paquet» portugais de 78 milliards d’euros de soutien sur trois ans. La semaine dernière, les autorités finlandaises ont fait savoir à leurs homologues européens, par l’entremise de leur ambassadeur, qu’elles ne poseraient pas de conditions supplémentaires, comme l’avait fait craindre le débat au parlement finlandais sur ce sujet. Mais les discussions sur la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale à Helsinki devaient se prolonger pendant le weekend.
Le point grec, à l’ordre du jour officieux de l’Eurogroupe, devait être au centre des échanges avec Dominique Strauss-Kahn ce soir. Mais l’arrestation et l’inculpation ce week-end à New York du directeur général du FMI pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration modifie la donne. Cette affaire «va certainement être source de quelques retards sur le court terme», a estimé hier un haut responsable grec. Le FMI a précisé que son directeur général des opérations, Nemat Shafik, pallierait à l’absence de M. Strauss-Kahn à la réunion de l’Eurogroupe.
Plus d'articles du même thème
-
Apple perd un recours décisif contre la Commission européenne
La plus haute juridiction européenne a notamment maintenu un régime de règles et de contrôles renforcés à l’App Store d’Apple et à son système d’exploitation dédié aux iPhone, iOS. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète. -
La cour d’appel estime à son tour que Bolloré ne contrôle pas Vivendi
Dans sa décision du 8 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a suivi la Cour de cassation en estimant que Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlaient pas Vivendi au sens de l’article L. 233-3 du Code de commerce. Ciam se pourvoit en cassation. -
Le succès de sa stratégie small caps amène Andera à renforcer son équipe Expansion
Face à une demande telle que le plafond du véhicule a été relevé à deux reprises, Andera Partners boucle son quatrième fonds Expansion à 430 millions d'euros. Soucieux de ne pas changer de segment en termes de taille d'entreprise, le gérant prévoit de l'élargir progressivement aux marchés italien et espagnol. -
Amazon émet 25 milliards de dollars d’obligations avec une demande en retrait
Le géant du commerce en ligne et du cloud a lancé une nouvelle émission obligataire portant sur huit tranches à taux variable et fixe de 3 ans à 40 ans. Mais le succès n’a pas été aussi spectaculaire que lors de sa transaction précédente, avec un livre d’ordre couvrant l’offre d’un peu plus de 1,5 fois. -
S&P Dow Jones avertit l’Indonésie et la Turquie
A l’instar du fournisseur d’indices MSCI, S&P DJI menace les deux pays d’une rétrogradation en marché frontière en raison d’un manque de transparence.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Hors budget
Pourquoi la facture IA des entreprises explose
Certains grands groupes réduisent drastiquement l'usage des modèles les plus récents pour contenir leurs dépenses, sans perdre pour autant de terrain dans la course technologique -
AudaceLe coup de semonce de la Chine aux Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN
En procédant à un rare tir de missile balistique en mer de Chine méridionale, Pékin a adressé un message clair aux pays membres de l'Alliance atlantique -
« Une déchéance politique » : de Glucksmann à Aliot, les réactions après la condamnation et la candidature de Marine Le Pen
C’est une décision de justice suivie d’un coup de théâtre qui fait beaucoup parler. Dans la matinée du mercredi 8 juillet, les studios de radio et les plateaux télévisés ont invité pléthore de personnalités politiques de tous bords pour réagir à l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN.