La glissade conjoncturelle chinoise place les Etats-Unis en position de force
Avec une croissance qui ralentit, une dette qui augmente et une guerre commerciale qui menace à l’horizon, la Chine traverse une passe dangereuse. On voit mal comment elle pourrait en sortir à son avantage en cas de conflit majeur avec Washington.
Pour l’heure, Pékin considère que les sanctions commerciales que Washington a décidées ou dont il est menacé, portant sur 250 milliards de dollars d’exportations, sont inacceptables.
Tout comme il juge infondées les exigences des Etats-Unis s’agissant de la protection de leurs technologies de pointe.
Aussi la Chine n’a-t-elle donné aucun signe de souplesse à son adversaire qui s’impatiente. Lors du G20 prévu en Argentine le mois prochain, une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping est évoquée mais chacun se demande si elle en vaut bien la peine.
Le malheur pour Pékin est que les temps favorisent son adversaire. La semaine dernière a été très rude sur les marchés chinois.
Le ralentissement économique, déjà manifeste pour l’investissement, à son plus faible niveau de croissance depuis plus de 20 ans, et dans certains secteurs économiques comme l’automobile, s’est confirmé avec une croissance du PIB de 6,5% sur un an glissant au troisième trimestre contre 6,7% au deuxième.
Les bourses chinoises ont chuté et le renminbi est resté sous pression. Pékin a dû appeler au calme, tout en laissant fuiter une possible baisse d’impôts pour les particuliers, et en demandant à ses institutionnels et ses fonds nationaux de se porter à l’achat en bourse lundi.
Mais la Chine n’a sûrement plus les moyens d’une relance massive de l’ampleur de celle déclenchée en 2008.
Sa dette globale, déjà considérable, est clairement sous-estimée, comme vient de le montrer une étude de Standard & Poor’s évoquant une dette cachée dans les soutes du secteur public local de l’ordre de 45 points de PIB !
Dès lors, sauf retournement de situation politique aux Etats-Unis lors des élections de mi-mandat, le parti-pris chinois de refus de négocier s’apparente de plus en plus à un déni de réalité.
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