La gestion d’actifs et les participations stratégiques pèsent sur le résultat de la CDC
Le groupe Caisse des Dépôts (CDC) accuse une baisse de 67% de son résultat net agrégé en 2020, à 777 millions d’euros contre 2,4 milliards d’euros en 2019. La principale locomotive de la Caisse s’est arrêtée en 2020. La gestion d’actifs qui contribuait les années précédentes en premier lieu aux résultats du groupe, est légèrement en déficit, à -32 millions d’euros contre près de 1,3 milliard d’euros réalisés l’année précédente. «Compte tenu de l’état des marchés financiers en 2020, c’est déjà une bonne performance d’être presque à l’équilibre», déclare Eric Lombard, directeur général, lors de la présentation des résultats, jeudi 1er avril.
La gestion des participations stratégiques (Icade, RTE, Egis, Compagnie des Alpes, SFIL, Transdev) a été également exposée à la crise. Le résultat est réduit à 15 millions d’euros contre 370 millions l’année précédente.
Pour ses activités de finance de marché (portefeuilles du fonds d’épargne et du fonds de la section générale), la CDC explique cette contre-performance par la réduction des dividendes perçus en moyenne de 40% et des dévalorisations importantes sur sa poche actions. Les taux bas laminent également les revenus de la poche obligataire. Le groupe est fortement investi en obligations indexées sur l’inflation dont les revenus s’effondrent de 80% à cause «d’un taux inflation exceptionnellement bas en 2020». Le groupe parie sur un retour favorable de l’inflation en 2021 autour de 1%. «On voit aussi des signes de remontée des dividendes cette année, modérés mais réels», souligne Olivier Mareuse, directeur des gestions d’actifs du groupe. La baisse des résultats s’explique enfin par un important effort de provisionnement de plus d’un milliard d’euros pour sécuriser les portefeuilles. «L’évolution actuelle des cours nous permet d’envisager nettement moins de dotations aux provisions cette année. La gestion d’actifs se présente sous de bonnes conditions pour 2021», assure Olivier Mareuse.
20 milliards d’euros collectés sur le Livret A
Malgré les mauvais résultats de 2020, l’encours des actifs sous gestion progresse fortement, atteignant 200 milliards d’euros. La forte collecte réalisée sur les Livrets A et LDDS (20 milliards d’euros) en raison du confinement représente un surcroît de collecte d’environ 8 milliards par rapport au rythme habituel. Les prêts aux logements sociaux n’ont pas permis d’absorber toute cette épargne additionnelle qui est venue gonfler la taille du portefeuille de placements. «Nous avons opéré des investissements en mars et avril avec la forte hausse de la collecte, en saisissant des opportunités sur l’obligataire et des spreads de crédit élevés», explique Olivier Mareuse. 7 milliards d’euros ont été placés sur les obligations corporate, en grande partie avec l’argent des livrets. «Les spreads de crédits étaient élevés mais les taux sont restés faibles, ce qui explique un effet dilutif sur nos marges et la baisse des résultats sur le fonds d’épargne», ajoute le directeur de la gestion d’actifs.
Près de 8 milliards déjà investis dans son plan de relance
Pour les autres contributeurs aux résultats, l’intégration du groupe La Poste en mars 2020, détenu à 66% par la CDC, constitue un impact exceptionnel à hauteur de 978 millions d’euros. Bpifrance, filiale du groupe, affiche un déficit de -113 millions d’euros mais la CDC souligne son rôle de soutien contracyclique à l’économie avec 45 milliards d’euros pour le financement des entreprises. Finalement, c’est la Banque des Territoires qui tire les résultats avec 979 millions d’euros réalisés contre 652 millions d’euros en 2019 grâce «à la bonne dynamique des prêts, le maintien d’une forte collecte sur les dépôts juridiques réglementés et une contribution en hausse de CDC Habitat», souligne le groupe.
La CDC dispose de 51 milliards d’euros de fonds propres. «Nous avons de ressources solides pour assurer ses missions d’intérêt général», déclare Eric Lombard. Le groupe a lancé en 2020 un vaste plan de relance de 26 milliards d’euros. 30% des investissements (7,8 milliards d’euros) ont déjà été engagés pour «agir directement au cœur des territoires».
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