La France doit agir avec vigueur pour attirer les projets d’implantation étrangers
Il y a bien une urgence de l’attractivité pour la France», tel est le cri d’alarme lancé par Jean-Pierre Letartre, président d’EY pour le pays. Un jugement sévère inspiré de la lecture de l’édition 2014 du Baromètre de l’attractivité de la France publié ce matin par le cabinet d’audit et de conseil. Certes, le pays conserve le 3e rang européen pour ce qui concerne le nombre d’implantations de sociétés étrangères l’an passé. Mieux, le nombre de projets a progressé de 9% à 514, pour un nombre d’emplois créés en hausse de 34% à 14.122, après deux années de repli.
Mais le baromètre met avant tout en lumière le fait que l’écart continue de se creuser avec le duo de tête composé du Royaume-Uni (+15% à 799 projets) et de l’Allemagne (+12% à 701). La France a ainsi accueilli en 2013, 13% des implantations transnationales, contre une «part de marché» de 20% outre-Manche et de 18% outre-Rhin. «Sans être perçue comme une destination totalement défaillante, la France n’est pas considérée comme une destination déterminante», tranche Marc Lhermitte, associé EY responsable du rapport.
Il reconnaît ainsi sa déception quant au succès de l’implantation en France des sièges européens, critère sur lequel le pays se classe 5e, devancé par deux destinations bénéficiant de cieux fiscaux plus cléments, l’Irlande et les Pays-Bas. Et si l’Hexagone conserve sa première place sur les projets industriels (166 contre 127 en 2012), ces derniers sont trop souvent «prudents», c’est-à-dire peu créateurs d’emplois. Pis, la France peine toujours à séduire les ex-locomotives des économies émergentes que sont les Bric, et surtout la Chine et l’Inde, des pays qui «incarnent la globalisation» aux yeux de Marc Lhermitte.
Ce dernier souligne que les investisseurs (interrogés en février dernier) reconnaissent pourtant de solides atouts à la France, à commencer par la capacité d’innovation. L’énergie, les transports et le numérique sont vus comme autant de moteurs de croissance. Mais la position concurrentielle du pays continue de pâtir de trois puissants freins à l’intérêt étranger que sont la fiscalité, le coût du travail et le manque de flexibilité.
Marc Lhermitte pourtant veut croire que «la musique du pacte de compétitivité résonne aux oreilles des investisseurs étrangers». «Les promesses sont sur la table, il faut agir avec vigueur pour convaincre», lance l’associé EY, qui juge «légitime l’invitation du gouvernement aux chefs d’entreprises à prendre part activement aux efforts».
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle