La finance redoute une standardisation forcée des marchés obligataires
Les acteurs des marchés financiers européens recommandent à la Commission d’avancer à pas comptés en matière de standardisation sur le marché des obligations d’entreprise. Dans leurs réponses au livre vert de l’institution sur l’Union des marchés de capitaux (UMC), ils soulignent que certaines régulations menacent déjà les teneurs de marché et, partant, la liquidité.
«Une standardisation complète des termes des nouvelles émissions, notamment des plus petites, n’est pas un objectif souhaitable», met en garde l’association européenne de la gestion d’actifs, l’Efama. «La standardisation risque de représenter un énorme défi pour les entreprises petites et moyennes […] car elles ont besoin du plus de flexibilité possible quand elles structurent de la dette», assure de son côté l’AFME, qui représente les banques d’investissement. Dans sa consultation sur l’Union des marchés de capitaux, qui s’est refermée la semaine dernière, la Commission demande aux professionnels s’il faudrait que des mesures soient prises, «notamment en matière de standardisation, pour améliorer la liquidité sur les marchés des obligations corporate».
Aux yeux de l’Efama, comme de l’AFME, toute standardisation des conditions d’émission devrait se faire sur une base volontaire. En revanche, l’Efama estime que des progrès pourraient être faits pour standardiser l’information qui est fournie aux investisseurs, décrite comme étant parfois «insuffisante» ou «tardive». L’association propose aussi que les émissions soient enregistrées auprès des autorités de régulation nationales et que celles qui sont standardisées soient listées pour améliorer la transparence sur les prix. D’après l’Efama, il importe, pour développer la liquidité, de développer les plates-formes où les acteurs du buy-side et sell-side peuvent se rencontrer.
Pour prévenir toute dégradation de la liquidité, les associations de professionnels pressent par ailleurs la Commission de revoir les exigences de transparence qui pourraient être imposées aux obligations dans le cadre de la réforme MIF2. Selon l’Efama, ces exigences «augmentent les risques de faible liquidité sur les marchés en question, une tendance en contradiction avec l’Union des marchés de capitaux». L’association souligne que les régulations prudentielles rendent les activités de tenue de marché beaucoup plus coûteuses. Or, «le modèle des teneurs de marché qui fournissent de la liquidité est vital pour l’économie réelle», écrit l’AFME.
Plus d'articles du même thème
-
Safran profite de la vigueur de ses activités de services pour moteurs civils
Les dirigeants ont relevé leurs ambitions annuelles après une forte hausse des résultats du groupe sur les six premiers mois de l'année. -
Orange augmente ses objectifs pour 2026 après un semestre robuste
Le groupe de télécoms prévoit désormais une croissance de son excédent brut d'exploitation de plus de 4% après une progression de 5% sur les six premiers mois de l'année. -
L’Esma valide EuroCTP comme fournisseur de la base de données consolidée sur les ETF et les actions
La date de lancement est fixée au lundi 14 septembre 2026. -
Les hedge funds misent de plus en plus sur le rééquilibrage des indices
Se positionner en amont sur les entrants et sortants des indices est la dernière stratégie à la mode au sein des hedge funds, relate le Financial Times, qui consacre un article aux mécanismes de cette stratégie dans son édition du 28 juillet. Elle s’appuie sur le fait que les ETF vont automatiquement acheter les nouveaux entrants des indices qu’ils répliquent et se délester des sortants. -
Railpen renonce à racheter IP Group
Le fonds de pension des cheminots britanniques ne déposera pas d'offre ferme sur l'investisseur londonien en capital-risque, après plusieurs mois de discussions infructueuses. -
Ontario Teachers mise sur le marché européen du CLO avec M&G
Le fonds de pension des enseignants de l’Ontario va soutenir le développement de la plateforme européenne de M&G en titrisation de prêts à effet de levier (CLO) de plusieurs milliards.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
En perm'Incendies, canicules, carburants : l'interminable mois de juillet du gouvernement Lecornu
L'actualité, l'agenda parlementaire et les annonces commandées par Sébastien Lecornu poussent les ministres en première ligne, loin devant les candidats à l'élection présidentielle. Ceux qui ne sont pas partis en vacances se battent pour se faire entendre -
Retour en grâcePour contrer l'escalade, Oman renoue avec son rôle de médiateur
Echaudé par l'attaque américano-israélienne contre l'Iran en pleines négociations en janvier, le sultanat s'était tenu à l'écart jusqu'à maintenant -
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches