La finance allemande vit à l’heure des plans de sauvetage
Il a fallu la menace par la BaFin, l’autorité allemande des marchés, d’ordonner la fermeture immédiate de WestLB pour que ses actionnaires se mettent enfin d’accord sur un plan de sauvetage de la banque publique en graves difficultés. Au bout d’une nuit de négociations, les caisses d’épargne qui détiennent près de la moitié des parts ont finalement abandonné leur résistance, acceptant de participer à une couverture des risques allant jusqu’à cinq milliards d’euros. La part du lion de cette garantie, soit trois milliards d’euros, incombe cependant à l’actionnaire minoritaire de la banque, la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Afin de permettre à WestLB de repartir sur des bases plus saines, il a été décidé par ailleurs de transférer l’ensemble du portefeuille des risques d’un volume de 23 milliards d’euros à une unité spéciale, hors bilan, qui sera chargée de céder les créances sur le marché. Après le sauvetage de la banque publique de Saxe, SachsenLB, c’est donc la seconde fois en Allemagne que les autorités publiques et par conséquent les contribuables seront mis à contribution pour sauver un établissement bancaire de la faillite. Et un troisième dossier est en souffrance : celui d’IKB, déjà secouru deux fois par KfW, et qui chercherait, selon Reuters, encore deux milliards d’euros.
L’accord intervient seulement un mois après la recapitalisation de WestLB à hauteur de deux milliards d’euros. Pour les employés le prix à payer sera élevé. L’accord de ce week-end prévoit la suppression jusqu’en 2010 de 1.500 des 6.000 emplois de WestLB. Son patron, Alexander Stuhlmann, a parlé d’une « mesure regrettable mais sans alternatives ». Les réductions d’emplois doivent permettre des économies de quelque 300 millions d’euros par an. WestLB a été à la fois victime de spéculations illicites d’une poignée de ses propres traders ainsi que de graves dépréciations sur le marché des crédits subprime. Il en résultera une perte pour l’année 2007 supérieure à un milliard d’euros. Déjà en 2004, à la suite de paris hasardeux à l’étranger, la banque avait dû faire appel à ses actionnaires. Lasses de ces scandales à répétition, les caisses d’épargne avaient alors favorisé une fusion de WestLB avec son homologue du Bade-Wurtemberg LBBW. Mais elles ont dû accepter la volonté des autorités politiques de fusionner WestLB avec la banque publique de Hesse, Helaba, basée à Francfort.
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