La Fed souligne la flexibilité de son programme d’assouplissement quantitatif
A l’heure où la zone euro se débat avec le casse-tête chypriote, les Etats-Unis soulignent la meilleure forme de leur économie. A l’issue d’une réunion de deux jours, le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) a pointé dans son communiqué le «retour à une croissance économique modérée à la suite d’une pause en fin d’année dernière». Malgré une politique budgétaire devenue «dans une certaine mesure plus restrictive», les signaux positifs se sont multipliés sur les marchés de l’emploi (236.000 nouveaux emplois créés dans le secteur privé en février) et de l’immobilier.
La prudence reste toutefois de mise et le FOMC maintient son dispositif de politique monétaire : des rachats d’actifs (treasuries et titres hypothécaires) au rythme de 85 milliards de dollars par mois et la promesse de maintenir le taux des Fed funds entre 0% et 0,25% tant que le taux de chômage ne sera pas descendu sous les 6,5% et pourvu que l’inflation à un horizon de un et deux ans n’excède pas 2,5%.
Une évolution en matière d’emploi que les responsables de la politique monétaire n’envisagent pas avant 2015, selon des projections économiques actualisées. Par ailleurs, ces derniers ont légèrement réduit la borne haute de leur prévision de croissance pour 2013, qui s'établit désormais dans une fourchette de 2,3% à 2,8%, contre 2,3% à 3% en décembre dernier. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du FOMC, le président de la Fed, Ben Bernanke, a défendu la flexibilité du programme d’assouplissement quantitatif.
«Nous pensons qu’il est plus cohérent d’avoir une politique variable, qui porte sur le rythme du flux des achats, et de répondre de manière plus continue ou sensible aux changements de perspectives», a-t-il estimé. Au-delà du seul taux de chômage, il a par ailleurs indiqué que le Comité serait attentif à une batterie d’indicateurs sur le marché du travail : taux de recrutement, demandes d’assurance chômage, niveaux de salaire, taux de démission, etc... Selon Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas, «si la tendance se prolonge, les semaines précédant la réunion de juin pourraient constituer un bon moment pour pré-annoncer un ralentissement des achats mensuels de titres».
La décision de politique monétaire a été approuvée hier par onze des douze membres votants du FOMC. Seule la présidente de la Fed de Kansas City, Esther George, a voté contre, de crainte de voir cet assouplissement prolongé accroître les risques de déséquilibre. Ben Bernanke a réaffirmé qu’avec des anticipations d’une inflation maîtrisée, les bénéfices l’emportaient.
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