La Fed se donne un peu de temps pour étudier l’impact du QE3
Au vu des annonces choc de septembre, marquées par un QE3 et la promesse renforcée d’un maintien des taux bas, et à moins de deux semaines du scrutin présidentiel aux Etats-Unis, la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) ne suscitait pas d’attente particulière chez les observateurs. Au terme de deux jours de débats, les responsables de la politique monétaire ont conforté hier leur analyse de la conjoncture américaine.
La croissance reste modeste et le taux de chômage élevé. «Les pressions sur les marchés financiers mondiaux continuent de poser des risques baissiers importants», souligne le communiqué du FOMC. Dans ce contexte, la Fed maintient son dispositif : 40 milliards de dollars d’achats de MBS par mois, jusqu’à ce que le marché du travail s’améliore «significativement», et le maintien de taux à un niveau proche de zéro «au moins jusqu’à mi-2015». En parallèle, l’opération Twist, qui consiste à échanger chaque mois 45 milliards de dollars de dette à court terme contre des titres à long terme, se poursuivra jusqu’à la fin de l’année.
Et ensuite ? «Il est certainement trop tôt pour évaluer le QE3», estime Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas, qui estime toutefois que les premiers signes ne sont guère encourageants. Alors que la mise en place du QE1 avait provoqué une baisse rapide du rendement des Treasuries à 10 ans, il n’en va pas de même avec ce QE3 (+4 points de base). «Depuis l’annonce du QE3, les statistiques pointent une amélioration très fragile de l’environnement économique, bien insuffisante pour modifier le biais monétaire de la Fed», ajoute-t-elle. Le président de la Fed Ben Bernanke lui-même déclarait récemment : «Nous n’allons pas chercher de petits soubresauts dans les chiffres qui nous amèneraient à modifier radicalement notre politique».
Du côté de Deutsche Bank, on s’attend même à une extension du QE3 si la tendance reste la même. Ce QE3 revisité n’inclurait pas seulement les MBS mais comprendrait également des emprunts d’Etat (Treasuries) à long terme dans une fourchette mensuelle de 25 à 45 milliards de dollars, en plus des 40 milliards de dollars consacrés actuellement aux achats de MBS.
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