La Fed, sauveur en dernier ressort de l’économie occidentale
La Fed s’est montrée généreuse et tout le monde est venu boire à la coupe. Banques, assureurs, fonds d’investissement, entreprises, banques centrales américains et européens sont venus piocher dans la manne de 3.300 milliards de dollars de prêts accordés entre décembre 2007 et juillet 2010. La Fed a été contrainte par le Congrès américain de publier les détails du plus important plan de sauvetage jamais réalisé concernant plus de 21.000 transactions. Pourtant, elle n’était pas très enthousiaste, craignant une mauvaise réaction des marchés sur les établissements cités. Il n’en a rien été, Wall Street gagnant plus de 2% à la clôture de mercredi après trois séances consécutives de baisse.
Même si la plupart des informations étaient connues des marchés, la publication de ce rapport montre jusqu’où est allée la Fed pour renflouer chaque recoin de l’économie américaine, des plus grandes banques internationales (Bank of America, Wachovia, Wells Fargo, Citi, mais aussi Société Générale, BNP Paribas, Natixis ou Dexia) aux plus petites ayant distribué des actifs toxiques, aux grosses entreprises américaines telles que General Electric, Verizon Communications ou même Harley-Davidson et même à des banques centrales comme la BCE.
Goldman Sachs, qui s’était vantée de sa capacité de survie sans l’aide de l’Etat, est allé puiser 84 fois pour un total de 600 milliards de dollars dans les prêts au jour le jour (Primary Dealer Credit Facility) de la Fed. Morgan Stanley a même puisé dans les prêts à court terme de la Fed plus de 200 fois pour un montant total de 61 milliards de dollars dans le seul mois de septembre 2008: le 16 septembre, jour de publications des résultats trimestriels désastreux qui ont fait chuter son action de 10,8%, la banque a emprunté 13 milliards à la Fed. BNP Paribas a emprunté 41,59 milliards de dollars via le « commercial paper lending facility » et AIG 60,23 milliards.
La Fed a également prêté main forte aux fonds monétaires en leur octroyant plus de 217 milliards de dollars, dont 17,7 milliards à J.P. Morgan Chase, 15,1 milliards à Columbia Funds, 11,7 milliards à BlackRock et 9,7 milliards à Morgan Stanley. Même si ces emprunts ont tous été remboursés, les établissements financiers semblent aujourd’hui tous avoir intégré que, quelles que soient les erreurs commises, la Fed ne laissera plus une autre Lehman Brothers s’effondrer.
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