La Fed réussit à garder la main sur l’ensemble de la courbe américaine
La Réserve fédérale (Fed) est passée en pilotage automatique sur la courbe des taux américaine. Depuis l’annonce officielle faite le 18 décembre par son comité de politique monétaire (FOMC), d’un ralentissement de son programme de rachats d’actifs à hauteur de 10 milliards de dollars dans un premier temps, les taux longs américains sont remontés pour venir tester leurs plus hauts niveaux atteints en septembre dernier.
Le rendement du T-Note à 10 ans a ainsi légèrement dépassé vendredi le seuil symbolique des 3%, alors que le taux à 30 ans atteignait 3,93%. «Si la croissance continue sur son rythme actuel et que la Fed poursuit le ralentissement de ses rachats d’actifs, le rendement des obligations à 10 ans devrait atteindre très rapidement son niveau d’équilibre», compris entre 3% et 3,25%, selon Rick Rieder, co-responsable de la stratégie de taux américains chez BlackRock.
En différant de trois mois le lancement de son «tapering», évoqué pour la première fois en mai dernier, la Fed avait réussi à faire baisser les rendements sur la partie longue de la courbe des taux américaine. Après être passé de 1,62% début mai à un niveau de 3% début septembre, le rendement des «Treasuries» à 10 ans avait ensuite reculé à un point bas de 2,50% le 23 octobre dernier. Même tendance sur le taux à 30 ans, qui après s’être tendu de 110 pb à 3,92% en septembre, avait ensuite reflué à 3,59% le mois suivant. Dans ce contexte, «la prochaine étape pour 2014 est la crédibilité de la ‘forward guidance’ mise en place par la Fed», estime Shinji Kunibe, responsable de la gestion taux chez Nissay Asset Management.
Or, celle-ci paraît pour le moment fonctionner à merveille, puisque la Fed semble imposer ses vues aux investisseurs sur la partie courte de la courbe. Les marchés à terme sur les «Fed funds» n’anticipent aucune hausse des taux directeurs avant le premier trimestre 2015. En outre, le niveau de 77 pb prévu par les marchés à la fin de l’année 2015 correspond exactement à la prévision moyenne réalisée par les membres du FOMC eux-mêmes. Même à horizon fin 2016, la différence d’anticipation entre les marchés monétaires (2%), et la Fed (1,75%) est marginale.
Dans ce contexte, «il est difficile de voir une réelle divergence de vue entre les marchés et la Fed sur l’orientation des taux directeurs sur les deux prochaines années», estime Citigroup.
Plus d'articles du même thème
-
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau à la la présidence de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront donc maintenant se prononcer sur ce projet de nomination. -
BPCE continue de surfer sur la marge nette d'intérêt
Le groupe bancaire mutualiste publie pour le premier trimestre 2026 un produit net bancaire de 6,8 milliards d'euros en hausse de 7% sur un an. La banque de proximité pavoise avec des revenus en hausse de 12% sur un an et une marge nette d'intérêts qui bondit de 30%, dopée par une nette progression des crédits distribués. -
Le Comptoir du Private Equity noue un partenariat avec GP-Score
La plateforme d'investissement dédiée au non-coté dans le small cap européen s'allie au spécialiste de l'évaluation des capacités opérationnelles des gérants de private equity pour l'aider dans le processus de sélection ainsi que pour les gérants déjà en portefeuille. -
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice. -
KKR traverse les turbulences d’un marché volatil
Le fonds américain a engagé un montant record de près de 100 milliards de dollars au cours des douze derniers mois. Il avertit toutefois d'une moindre visibilité risquant de peser sur ses performances annuelles.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Come-backAntisémitisme : Keir Starmer rattrapé à l’échelle nationale par un vieux problème du Labour
L’attentat antisémite du 30 avril à Golders Green a agi comme un catalyseur pour le gouvernement britannique. Les deux victimes attaquées au couteau ont survécu. Mais l’agression s’est produite dans ce quartier londonien où quatre ambulances de la communauté juive ont été incendiées fin mars. Face à la colère des habitants, Keir Starmer a promis mardi une réponse « étatique » à 360 degrés. -
Nouvelle starMarco Rubio, de l'ombre de J.D. Vance à la lumière
Envoyé à Rome cette semaine pour renouer le dialogue avec le Vatican et Giorgia Meloni, le secrétaire d'Etat cumule les missions sensibles et endosse son rôle de pompier. Une discrétion qui lui profite, au détriment du vice-président, alors que la course à 2028 est déjà ouverte -
AdaptationAides sur le carburant : Sébastien Lecornu promet de « changer d'échelle »
Le Premier ministre sait désormais que la situation ne va pas se débloquer rapidement à Ormuz. Il s'apprête à adapter son plan de soutien à l'activité. Des mesures qu'il va falloir financer...