Les minutes de la Réserve fédérale n’ont pas permis de préciser le calendrier du «tapering»
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Patrick Aussannaire
Ben Bernanke. Photo: Bloomberg
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La Fed ne semble pas vouloir se hâter de ralentir le rythme de son QE. Les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine, publiées hier soir, étaient très attendues pour évaluer à quelle échéance le processus débutera, mais les investisseurs sont restés sur leur faim, entrainant Wall Street à la baisse. La quasi-totalité des 19 membres du Comité de politique monétaire (FOMC) se sont contentés de confirmer un ralentissement des rachats d’ici à la fin de l’année en vue d’une fin du programme mi-2014, si les conditions économiques s’améliorent.
Le FOMC s’est ainsi dit «généralement à l’aise» avec la position de son président, Ben Bernanke, qui souhaite ralentir les rachats d’actifs –ils atteignent actuellement un rythme de 85 milliards de dollars par mois– «d’ici à la fin de l’année». Selon le compte-rendu de la réunion mensuelle du FOMC des 30 et 31 juillet, «presque l’ensemble des membres sont d’accord pour estimer qu’un changement dans le programme de rachats n’est pas encore approprié», et même «quelques membres ont souligné l’importance d’être patient et d’attendre de plus amples informations sur l’évolution de l’économie avant de se décider sur un quelconque changement du rythme des rachats d’actifs». Certains membres se sont ainsi inquiétés de la remontée des taux d’intérêts à long terme, notamment pour les emprunts immobiliers, qui pourrait constituer un important frein à la croissance et à la consommation.
Pourtant, la Fed reste toujours divisée entre «colombes», partisans d’un assouplissement monétaire prolongé, et «faucons» qui souhaitent revenir au plus vite à une politique monétaire normalisée pour ne pas risquer d’augmenter les risques de bulles. Si quelques autres membres ont également suggéré qu’il serait bientôt temps de ralentir le rythme des achats d’actifs, «le nombre de participants qui s’inquiétaient de l’évolution de la conjoncture surpassait en juillet ceux qui n'étaient pas inquiets», estime BNP Paribas.
Aucun débat n’a cependant été encore engagé au sein du comité sur le maintien de taux d’intérêt quasi nuls, le taux de chômage, à 7,4% au mois de juillet, restant encore sensiblement plus élevé que le seuil de 6,5% ciblé par la Fed pour engager une politique de resserrement monétaire. Les membres du FOMC ont en effet remarqué que le taux de chômage avait certes sensiblement diminué depuis le lancement du dernier programme d’assouplissement quantitatif (QE3) en septembre, mais que cette amélioration ne faisait toutefois pas l’unanimité compte tenu, par exemple, du nombre élevé d’Américains qui ont renoncé à trouver un emploi. Un certain nombre de membres souhaitant même abaisser le seuil objectif du taux de chômage dans le cas où un nouvel assouplissement serait nécessaire.
Dans ce contexte, «la majorité des investisseurs de marché s’attendent aujourd’hui à ce que la Fed annonce un ralentissement de son programme de rachats d’actifs dès sa prochaine réunion qui se tiendra mi-septembre. Et les minutes publiées n’ont rien fait ni pour démentir ni pour confirmer ce sentiment», rappelle Harm Bandholz, chef économiste chez UniCredit. A la suite de cette annonce, le rendement des obligations d’Etat américaines à 10 ans grimpait de 5 points de base (pb) pour atteindre 2,85%.
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