La Fed reste patiente sur les taux malgré le dynamisme de l’économie américaine
La Réserve fédérale (Fed) demeure fidèle à elle-même. Contrairement aux instituts d’émission d’autres pays (Suisse, Canada, BCE) qui ont récemment annoncé des mesures prises en urgence, la banque centrale américaine va continuer à faire preuve de «patience» avant de relever ses taux directeurs.
Pour la première fois depuis plus de six mois, l’ensemble des membres votants de son comité de politique monétaire (FOMC) a approuvé hier le message d’orientation monétaire envoyé par la Fed. Ceci reflète les changements dans la composition du comité qui a accueilli de nouveaux membres en vertu des principes de rotation. Ainsi les trois dissidents du dernier FOMC, les «faucons» Charles Plosser et Richard Fisher, ainsi que la «colombe» Narayana Kocherlakota, ne sont plus membres votants.
Globalement optimiste, le communiqué publié à l’issue de la réunion devrait conforter les anticipations des marchés en faveur d’un début de normalisation à partir du mois de juin. «L’activité économique croît à un rythme solide», écrit la Fed, en s'éloignant cette fois de la référence à un «rythme modéré» adopté dans son communiqué de décembre. «Les conditions sur le marché l’emploi se sont encore améliorées, avec d’importantes créations d’emplois et un taux de chômage plus faible», poursuit-elle.
Le FOMC a cependant reconnu que l’inflation avait encore baissé, en raison principalement de la chute des prix de l’énergie. Il anticipe une poursuite de cette tendance à court terme, avant une remontée vers le niveau de 2% à mesure que le marché du travail se renforcera et que «les effets transitoires du bas niveau des prix de l’énergie se dissiperont». Si la Fed ne mentionne ni l’appréciation du dollar ni le ralentissement de la croissance mondiale, elle indique cette fois tenir compte des «développements internationaux» dans son évaluation de la politique monétaire.
L’indice S&P 500 est passé dans le rouge après ces annonces, tandis que le rendement des obligations du Trésor à 30 ans est retombé à un plus bas record et que le dollar s’est raffermi face à un panier de devises de référence. Selon Pierre Guillemin, directeur de la gestion diversifiée et actions chez Swiss Life AM, «la banque centrale américaine est attentive à ne pas reproduire la même stratégie qu’en 1994, qui avait fait plonger les marchés obligataires. Elle peut d’ailleurs s’appuyer sur des conditions de marché sensiblement différentes de l’époque, qui faciliteront le pilotage du resserrement monétaire».
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