La Fed renvoie la responsabilité des déséquilibres mondiaux sur la Chine
La meilleure défense c’est l’attaque. Sous le feu de vives critiques formulées tous azimuts contre sa politique d’assouplissement monétaire, le président de la Fed, Ben Bernanke, a une nouvelle fois renvoyé la balle dans le camp des pays émergents. «Le système monétaire international actuel ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait» a-t-il estimé dans le texte de son intervention programmée aujourd’hui lors d’une conférence organisée à Francfort par la BCE. Et d’ajouter que «la sous-évaluation des monnaies des pays qui dégagent des surplus freine les ajustements internationaux et crée des effets de contagion qui ne devrait pas exister si les taux de change reflétaient mieux les fondamentaux de marché».
Cette critique récurrente des Etats-Unis avait suscité l’agacement du ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, jugeant que le pays étaient mal placé pour reprocher à la Chine de maintenir sa monnaie sous-évaluée tandis que que la Fed poursuivait le même but, alors qu’en interne les républicains se font de plus en plus virulents sur les risques inflationnistes d’une politique monétaire trop laxiste. Mais Ben Bernanke n’en démord pas et estime que la politique de croissance des pays émergents tournée vers les exportations crée une croissance mondiale «à deux vitesses».
Dotée d’une double mission de stabilité des prix et de favoriser la croissance, la Fed joue sur le spectre de la déflation, avec une inflation à seulement 0,6%, ainsi que sur celui du chômage, proche des 10%, pour justifier son action. Ben Bernanke estime en outre que sans l’intervention de la Fed, «les Etats-Unis courent le risque de voir des millions de salariés au chômage ou sous-employés pendant de nombreuses années».
Le but recherché par la Fed est simple. Stimuler les anticipations inflationnistes à court terme, sans toucher aux anticipations inflationnistes de long terme afin d’éviter la déflation à court terme et stimuler l’activité sans créer les conditions d’un retour de l’inflation à long terme. Or, nombre d’économistes estiment que la Fed danse avec le diable. Natixis estime que «à long terme, les excès de liquidité pourraient s’avérer inflationnistes, et leur effet pourrait s’ajouter à une possible hausse du prix des matières premières et/ou de l’inflation importée, via une baisse du dollar et une hausse des prix dans les pays émergents».
Plus d'articles du même thème
-
L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe. -
Vinfast a décidé de transformer son modèle économique
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques. -
La banque centrale indienne intervient pour soutenir la roupie
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire. -
State Street IM investit dans une plateforme allemande de gestion de patrimoine
Le gestionnaire américain a pris une participation minoritaire dans getquin. -
L'ambition de Kraken dépasse la sphère crypto
La plateforme d'échange de cryptoactifs continue de diversifier ses activités. Riche de plus de 100 licences et agréments à l'échelle mondiale, dont MiCA, le sésame européen, la prochaine étape consiste pour elle à obtenir une licence bancaire américaine. -
La Société Générale est la seule banque française retenue par SpaceX pour son IPO
Le géant du spatial et de l’intelligence artificielle a engagé plus de 20 banques pour l’aider à vendre les milliards de dollars d’actions qui devraient être proposés lors de son introduction en Bourse hors norme.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Coup de froid sur la croissance européenne, la France n’est pas épargnée
La Commission européenne a revu ses prévisions à la baisse pour cette année, avec prudence pour l’instant. La situation pourrait se détériorer -
Les gemmes en héritage
Après avoir grandi au sein de Van Cleef & Arpels, Maison mythique fondée par ses grands-parents, François Arpels se réinvente en entrepreneur à la tête d’une belle endormie : Korloff. -
A boulets rouges« Des pratiques prédatrices » : une commission d'enquête du Sénat étrille la grande distribution
Le rapport sénatorial sur les marges de l'agroalimentaire et de la grande distribution n'a pas tourné comme prévu : si l'agroalimentaire en sort plutôt blanchi, le réquisitoire est implacable contre les pratiques des grandes enseignes