La Fed pourrait réduire plus vite que prévu ses rachats de titres obligataires
Il devient urgent de ne plus attendre. Ainsi peut-on résumer les propos tenus hier par plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui laissent présager une réduction du programme d’assouplissement quantitatif (QE) dès la prochaine réunion de son comité de politique monétaire les 17 et 18 décembre prochain.
James Bullard, président de la Réserve fédérale de St-Louis, qui prend part cette année au vote de ce comité, a ainsi mis lors d’une conférence l’accent sur les créations d’emplois constatées ces derniers mois, ainsi que sur la baisse marquée du taux de chômage, tombé à 7% en novembre, soit un plus bas de cinq ans. Il a donc jugé logique de se poser la question d’une «petite diminution [du QE] lors de la prochaine réunion».
Richard Fisher, président de la Fed de Dallas et opposant de longue date à ce programme, a été encore plus affirmatif en disant qu’il était «temps» d’en diminuer l’ampleur, estimant que les coûts qui y sont liés «dépassent de loin» ses avantages. Le président de la Fed de Richmond Jeffrey Lacker, qui a souvent critiqué le caractère illimité de ce programme, a souligné qu’il était irréaliste de penser que la Fed aurait pu ajuster le montant de ces rachats sur une base mensuelle. Depuis septembre 2012, celle-ci achète en effet chaque mois 85 milliards de dollars d’actifs obligataires afin de favoriser la croissance, l’investissement et l’emploi.
Cette politique a largement contribué au dynamisme des actions américaines, comme en témoigne l’indice S&P 500 qui a bondi de 27% depuis le début de l’année. Avant un repli enregistré sur l’ensemble de la semaine dernière, il avait enchaîné huit semaines consécutives de hausse et a encore grappillé 0,2% hier.
Si 34% des économistes interrogés cette semaine par Bloomberg, contre 17% le mois dernier, estiment qu’une réduction du QE aura lieu en décembre, certains restent sceptiques. Martin Roberge, stratégiste chez Canaccord Genuity, relève ainsi que «les stocks ont contribué pour près de la moitié à la progression de 3,6% du PIB au troisième trimestre, la croissance ‘véritable’ de l’activité étant ainsi ramenée à 1,9%».
A cela s’ajoute une faible hausse des prix qui pourrait faire hésiter la Réserve fédérale. Celle-ci s’est par ailleurs engagée à maintenir de faibles taux d’intérêt tant que le taux de chômage n’est pas revenu à 6,5% et sous réserve que l’inflation ne menace pas de dépasser la barre des 2,5%.
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