La Fed maintient sa politique malgré l’amélioration de la conjoncture
Son président, Ben Bernanke, s’est dit favorable au déplafonnement de la dette et à la poursuite d’une politique monétaire ultra-accommodante
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Patrick Aussannaire
Peur de l’inflation dans les pays émergents contre spectre de la déflation aux Etats-Unis. Mythe ou réalité? Devant le Club national de la presse, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a estiméque «même si la croissance économique va probablement s’accélérer cette année, nous pensons que le taux de chômage persistera à rester au-dessus, et l’inflation à demeurer de façon persistante au-dessous, des niveaux que la Fed juge compatibles avec notre mandat à plus long terme».
Ben Bernanke est également intervenu dans le débat sur le maintien du plafond de la dette, actuellement de 14.300 milliards de dollars, souhaité par les Républicains mais dont les conséquences ont été jugées hier comme «catastrophiques» par le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner. Le président de la Fed a apporté son soutien au camp démocrate en exhortant le Congrès à ne prendre aucun retard dans le déplafonnement de la dette, laissant ainsi la porte ouverte à une poursuite du programme de relance budgétaire et au creusement des déficits.
Estimant qu’il était «complètement injuste» de rendre la politique monétaire américaine responsable des pressions inflationnistes dans les pays émergents, Ben Bernanke a rappelé que ces derniers avaient la possibilité «de faire leurs propres choix monétairesen ajustant leurs taux, ce qu’ils ont été jusqu’à présent réticents à faire dans certains cas».
Néanmoins, si le «policy mix» était justifié pendant la crise, ils semble «complètement inadapté aux conditions économiques actuelles» estime la société de gestion GaveKal. En effet, au quatrième trimestre 2010, la consommation intérieure a enregistré sa plus forte contribution à la croissance du PIB depuis le premier trimestre 2006 (3 points sur les 3,2% de croissance). Selon Aurel BGC, l’indice manufacturier PMI à 60,8% en janvier serait «compatible avec une croissance de 6,4% du PIB américain». Un scénario confirmé par hausse des taux longs et par la pentification de la courbe américaine.
Côté inflation, outre la hausse des prix à l’importation favorisés par la faiblesse du dollar et l’inflation dans les pays émergents, les entreprises manufacturières américaines semblent retrouver un «pricing power», évoquant de plus en plus la possibilité de répercuter la hausse des prix. Ces derniers ont un impact direct dans l’indice «Core CPI» suivi par la Fed.
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