La Fed laisse ses options ouvertes pour une première hausse des taux

La banque centrale examinera à chaque réunion l’opportunité d’un resserrement, une fois abandonnée sa référence au mot «patient», selon Janet Yellen.
Alexandre Garabedian

Le guidage par la Fed des anticipations des investisseurs atteint des sommets de raffinement. Devant la commission bancaire du Sénat américain, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, a balisé hier le processus de décision qui pourrait conduire la banque centrale à procéder cette année à sa première hausse de taux depuis 2006. Cette première sortie publique depuis le 17 décembre était très attendue, mais l’impact sur le marché est resté limité, avec un taux 2 ans en recul de 1,5 point de base à 0,585% en fin d’après-midi. L’euro se repliait légèrement face au dollar, à 1,132.

En vue d’une éventuelle hausse des taux, et pour qualifier le calendrier à venir, le Comité de politique monétaire (FOMC) abandonnera d’abord le terme «patient» qui a fait son apparition dans le communiqué de décembre. Mais il ne faudra pas en déduire que le FOMC relèverait ensuite nécessairement son taux «après deux réunions», le délai qui était communément admis par le marché.

La Fed examinera simplement ensuite, réunion après réunion («meeting by meeting»), l’opportunité d’un resserrement. Les banquiers centraux américains continueront à prendre en compte deux critères: l’amélioration du marché de l’emploi et «une confiance dans le fait que l’inflation revienne à moyen terme vers l’objectif de 2%», souligne Janet Yellen. La présidente de la Fed a d’ailleurs minimisé la baisse des anticipations d’inflation mesurées par le marché.

A ce stade, les investisseurs ne semblent guère plus avancés sur les intentions de la Fed. «Abandonner le mot patient en mars laisserait dans le jeu une hausse de taux en juin», estiment les économistes de BNP Paribas, qui tablent malgré tout sur un premier relèvement en septembre. «Avec cette audition, la Fed envoie le message – nécessaire – qu’elle continue de se diriger vers la normalisation», souligne Richard Cochinos, stratégiste change chez Citigroup.

Rob Carnell, économiste chez ING, est plus sceptique. «On pourrait aussi voir la référence au mot «patient» survivre à la réunion de mars, tout en ayant une remontée des taux en juin. Si ça c’est de la forward guidance, nous aimerions autant ne pas en avoir du tout».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...