La Fed laisse entrevoir une troisième hausse des taux
Si, comme il était largement anticipé, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu hier ses taux directeurs inchangés (1 - 1,25%), son comité de politique monétaire (FOMC) a crédibilisé l’idée d’une troisième hausse de taux d’ici à la fin de l’année.
En effet, «les modifications dans la formulation [du communiqué] sont conformes à nos attentes: légèrement positives concernant l’activité économique et sans changement significatif pour l’inflation», écrit Thomas Julien, économiste chez Natixis. «L’activité économique a cru à un rythme soutenu [et non plus «modérément» comme écrit dans la déclaration de la réunion de septembre, ndlr] malgré les perturbations provoquées par les ouragans. Même si les ouragans ont causé une baisse des salaires, le taux de chômage a poursuivi son déclin», indique le FOMC. C’est la première fois depuis janvier 2015 qu’il utilise le mot «soutenu» («solid») pour décrire la croissance.
Concernant l’inflation, dont la faiblesse persistante a alimenté les divisions au sein des membres du FOMC lors de la précédente réunion et a été à nouveau soulignée dans le dernier Livre Beige, le constat reste le même que les mois précédents : elle «est restée molle». «L’inflation sur 12 mois devrait rester légèrement inférieure à 2% à court terme mais se stabiliser autour de l’objectif des 2% du comité à moyen terme», répète le FOMC sans modifier ses propos par rapport à sa déclaration du 20 septembre.
En conclusion, la légère inflexion sémantique opérée par la Fed concernant l’économie américaine est considérée comme un élément favorable à une troisième et dernière hausse de taux cette année. «Toute amélioration de leur opinion concernant l’activité économique se traduit aussi dans leur conviction sur la probabilité d’une hausse de l’inflation à 2% au fil du temps. [Les membres du comité] réaffirment le point de vue qu’une hausse en décembre est leur référence», indique Michael Gapen, économiste chez Barclays. Même son de cloche chez Natixis. «Même si la Fed n’a pas cru bon de signaler son intention d’augmenter les taux à sa prochaine réunion, une décision d’ici à la fin de l’année est largement attendue. Selon nous, l’environnement macro-économique actuel (croissance solide et inflation modérée) est cohérent avec la volonté de la Fed de maintenir son plan de resserrement graduel à court terme», écrit Thomas Julien.
Le marché semble partager cet avis. Les contrats futures sur les Fed funds indiquaient une probabilité de 85% pour une nouvelle hausse de taux avant le communiqué du FOMC et n’ont pas bougé après.
Plus d'articles du même thème
-
ASML manifeste les premiers symptômes des limites physiques de l'IA
L'entreprise néerlandaise, devenue un baromètre pour l’industrie de l’intelligence artificielle, avertit sur un risque de goulet d'étranglement provoqué par la forte demande de machines lithographiques. Les autres piliers centraux de l’écosystème, les puces, l’énergie et les infrastructures, sont aussi menacés de problèmes de capacité. -
Le Conseil des prélèvements obligatoires soutient le recentrage de l’apport-cession
Un encadrement plus strict du mécanisme de report d’imposition permettrait de renforcer la progressivité de l’impôt en haut de la distribution, estime l’instance rattachée à la Cour des comptes. -
L’Institut français d’économie prévoit un déficit plus lourd en 2027
Quelle que soit la politique budgétaire mise en œuvre, l’année prochaine, l’Institut montre que le déficit public ne serait pas réduit, même avec d’importantes réductions de dépenses, car celles-ci pèseraient sur la croissance déjà très faible. -
L’AIE anticipe des tensions durables sur le diesel
L’Agence internationale de l’énergie a alerté sur le risque de persistance des tensions sur le marché du diesel jusqu’à mi-2027, dans son dernier rapport mensuel. -
Lonza séduit le marché par ses perspectives de moyen terme
Le fabricant suisse de médicaments vise une marge d’Ebitda autour de 38% à moyen terme, contre 33% à 34% attendu cette année. Le chiffre d’affaires devrait croître de 10% à 13% par an en organique. -
State Street IM collecte 7 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Le gestionnaire d’actifs américain gérait 6.306 milliards de dollars d’actifs à fin septembre.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Le label ISR ouvre une consultation pour s'étendre au capital-investissement
- Le métier titres de BNP Paribas est mandaté pour le fonds Défense de Bpifrance
- AllianzGI domine la collecte des fonds français au troisième trimestre
- MSCI et Bloomberg dominent dans les indices des ETF investis par les particuliers allemands
- Crédit Agricole Assurances fait ses premiers pas dans la finance tokenisée avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
ExpertiseComment le Conseil des prélèvements obligatoires entend éclairer en direct le débat budgétaire
L'organe d'experts considère que la baisse de la surtaxe d'impôt sur les sociétés sur les très grandes entreprises, exceptionnelle, va dans le bon sens. Il défend aussi le coup de rabot sur le régime d'apport-cession, ou la baisse de l'abattement fiscal des retraités -
Fed up !Dette française : le monde perd patience
La France doit réparer d’urgence ses fondations budgétaires avant que les fissures ne s'élargissent et retrouver la confiance qui lui fait défaut, estime la directrice générale du FMI -
Présidentielle 2027 : Glucksmann et Philippe à égalité, derrière Jean-Luc Mélenchon, selon un sondage
Selon un sondage réalisé auprès de 1 390 personnes par Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio, en cas de candidatures d’Edouard Philippe et de Gabriel Attal, le second tour opposerait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen