La Fed laisse entrevoir une troisième hausse des taux
La Réserve fédérale a laissé ses taux inchangés mais se montre plus positive sur la croissance économique
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Antoine Landrot
Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Fed pour quelques heures encore.
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Photo Fed.
Si, comme il était largement anticipé, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu hier ses taux directeurs inchangés (1 - 1,25%), son comité de politique monétaire (FOMC) a crédibilisé l’idée d’une troisième hausse de taux d’ici à la fin de l’année.
En effet, «les modifications dans la formulation [du communiqué] sont conformes à nos attentes: légèrement positives concernant l’activité économique et sans changement significatif pour l’inflation», écrit Thomas Julien, économiste chez Natixis. «L’activité économique a cru à un rythme soutenu [et non plus «modérément» comme écrit dans la déclaration de la réunion de septembre, ndlr] malgré les perturbations provoquées par les ouragans. Même si les ouragans ont causé une baisse des salaires, le taux de chômage a poursuivi son déclin», indique le FOMC. C’est la première fois depuis janvier 2015 qu’il utilise le mot «soutenu» («solid») pour décrire la croissance.
Concernant l’inflation, dont la faiblesse persistante a alimenté les divisions au sein des membres du FOMC lors de la précédente réunion et a été à nouveau soulignée dans le dernier Livre Beige, le constat reste le même que les mois précédents : elle «est restée molle». «L’inflation sur 12 mois devrait rester légèrement inférieure à 2% à court terme mais se stabiliser autour de l’objectif des 2% du comité à moyen terme», répète le FOMC sans modifier ses propos par rapport à sa déclaration du 20 septembre.
En conclusion, la légère inflexion sémantique opérée par la Fed concernant l’économie américaine est considérée comme un élément favorable à une troisième et dernière hausse de taux cette année. «Toute amélioration de leur opinion concernant l’activité économique se traduit aussi dans leur conviction sur la probabilité d’une hausse de l’inflation à 2% au fil du temps. [Les membres du comité] réaffirment le point de vue qu’une hausse en décembre est leur référence», indique Michael Gapen, économiste chez Barclays. Même son de cloche chez Natixis. «Même si la Fed n’a pas cru bon de signaler son intention d’augmenter les taux à sa prochaine réunion, une décision d’ici à la fin de l’année est largement attendue. Selon nous, l’environnement macro-économique actuel (croissance solide et inflation modérée) est cohérent avec la volonté de la Fed de maintenir son plan de resserrement graduel à court terme», écrit Thomas Julien.
Le marché semble partager cet avis. Les contrats futures sur les Fed funds indiquaient une probabilité de 85% pour une nouvelle hausse de taux avant le communiqué du FOMC et n’ont pas bougé après.
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