La Fed impose un «tapering» sans panique obligataire
Ben Bernanke a bouclé la boucle, en signant officiellement le début de la fin du programme de rachats d’actifs qu’il a lui-même entamé, sans entraîner un mouvement de panique sur les marchés de taux qui aurait fortement compromis la reprise de l’économie américaine, ainsi que la crédibilité de la Fed. A l’annonce mercredi soir du «tapering» tant attendu, à hauteur de 5 milliards de dollars pour les obligations du Trésor et de 5 autres milliards pour les titres de créances hypothécaires, le rendement des Treasuries à 10 ans a en effet à peine frémi pour se maintenir à 2,88%. Un niveau qui demeure inférieur de 12 pb à son plus haut de 3% atteint début septembre.
La Fed a également adapté sa «forward guidance». Elle a indiqué qu’«il est probablement approprié de conserver les taux des Fed funds dans leur intervalle actuel bien après que le taux de chômage sera descendu sous le seuil des 6,5%, notamment si l’inflation continue de se situer sous son objectif de long terme de 2% fixé par le Comité». Une phrase qui a permis aux rendements moyens à 2 ans et 5 ans de rester stables hier à respectivement 0,34% et 1,59%. «La partie courte de la courbe des taux (jusqu’à 2 ans) est en partie protégée par cette promesse, et la pente de la courbe protège la partie longue», explique Aurel BGC.
La Fed prévoit désormais un taux de chômage compris entre 6,3% et 6,6% fin 2014, mais un indice d’inflation PCE qui n’atteindrait pas les 2% avant 2015 au plus tôt. Ben Bernanke a en outre clairement souligné que le taux de chômage n’est plus l’indicateur privilégié, et que «la Fed regarde également d’autres variables, dont le taux de participation, les départs volontaires et les postes non pourvus pour déterminer si le marché de l’emploi est suffisamment solide pour supporter une hausse des taux».
«Même si les rendements n’ont pas bougé, les investisseurs obligataires restent dans une position claire à la vente: ils ont conscience que si l’on assiste à un premier pas prudent et bien anticipé, il s’agit bien d’un renversement de tendance», estime néanmoins la Société Générale. Le taux 10 ans est monté à 2,95% hier après midi. L’optimisme affiché par Ben Bernanke sur la reprise de l’activité, avec une croissance attendue à 3% l’an prochain, a en outre entraîné une réaction positive des marchés d’actions et de changes. Le dollar se renforçait ainsi de 0,9% contre euro à 1,365, et l’indice S&P a gagné 1,7% mercredi.
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