La Fed garde le silence sur l’avenir du QE3
Prêts à lire entre les lignes le communiqué du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), publié mercredi soir à l’issue d’une réunion de deux jours, les investisseurs ont peu de grain à moudre. Aucun indice tangible ne vient éclairer la stratégie de sortie du programme d’assouplissement quantitatif (QE3) même si la perception de l’environnement économique est légèrement moins souriante. Les responsables de la politique monétaire estiment ainsi que l’activité s’est développée à un rythme «modeste» au premier trimestre, alors qu’ils évoquaient une reprise «modérée» en juin.
Sans surprise, le FOMC laisse en l’état son programme de rachat d’actifs obligataires au rythme de 85 milliards de dollars par mois. Il réaffirme également son engagement à maintenir à un niveau proche de zéro les taux directeurs aussi longtemps que le taux de chômage reste au-dessus de 6,5% et que les anticipations d’inflation à un et deux ans ne dépassent pas 2,5%.
Le communiqué du FOMC contient peu d’éléments nouveaux par rapport à la précédente mouture. Le Comité souligne néanmoins la vigueur du secteur immobilier qui s’accompagne d’une hausse des taux. Il pointe également le risque que représente pour l’économie un niveau d’inflation constamment sous l’objectif de 2% mais anticipe sa remontée vers l’objectif à moyen terme.
Ce commentaire a semble-t-il convaincu le président de la Fed de St. Louis James Bullard, qui s’était inquiété le mois dernier des pressions sur les prix, de ne pas s’abstenir une deuxième fois. Seule Esther George, de la Fed de Kansas City, s’est opposée à la décision en raison des conséquences potentielles fâcheuses que fait courir une politique prolongée de taux bas à la stabilité financière.
Sur la suite des événements, le FOMC reste muet. Il reprend la promesse faite depuis septembre dernier de poursuivre sa politique accommodante jusqu’à ce que le marché du travail se soit redressé significativement. Le Comité a donc fait l’impasse sur l’ébauche de calendrier dévoilée par le président de la Fed Ben Bernanke, qui fixe à mi-2014 la fin du programme.
Les dernières données économiques publiées, avec l’estimation préliminaire d’une croissance du PIB de 1,7% en rythme annualisé au deuxième trimestre et des créations d’emplois plus importantes que prévu dans le secteur privé en juillet, peuvent laisser espérer une inflexion du QE3 dès septembre. La moitié du panel d’économistes sondés par Bloomberg s’attend à une telle décision lors de la réunion des 17 et 18 septembre.
Dans une note à ses clients, Dean Maki, économiste chez Barclays, voit le FOMC modifier sa stratégie en septembre à condition que les deux prochains rapports sur l’emploi (les 2 août et 6 septembre) soient «raisonnablement solides». «C’est dans l’ensemble ce que voulaient les marchés», commente de son côté Wayne Kaufman, analyste en chef de Rockwell Securities. A Wall Street, l’indice Dow Jones a clôturé en léger recul de 0,09% à 15.507,22 points et le S&P 500 a pris 0,04%, à 1.686,64 points.
Sur les marchés obligataires, le rendement des obligations à dix ans indexées sur l’inflation (Treasury Inflation-Protected Securities ou TIPS) a baissé après les commentaires du FOMC sur l’inflation. L’inquiétude de la Fed au sujet de la désinflation renforce en effet l’attractivité de tels titres aux yeux des investisseurs.
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