La dette française est sensible au risque souverain périphérique
Depuis l’automne 2009, la dette française affiche une certaine sensibilité au risque souverain touchant les pays périphériques d’Europe. L’écart de rendement entre l’emprunt d’Etat français (OAT) à 10 ans et son homologue allemand, le Bund, s’est établi hier à 42 points de base (pb). Il a atteint jeudi dernier les 46 pb, flirtant avec les 55 pb atteints au pire de la crise grecque début juin. Des niveaux de spread anormaux comparés à sa moyenne historique à 5 ans, qui est de 19 pb, d’après les données de Natixis. Les taux français à 10 ans sont revenus au-dessus des 3% cette semaine, soit une hausse de plus de 40 pb depuis fin août.
«A chaque épisode d’aversion pour le risque, les emprunts d’Etat européens ont tendance mécaniquement à sous-performer la dette allemande, ce qui est le cas actuellement avec la crise irlandaise», remarque Cyril Regnat, stratégiste taux chez Natixis. Selon l’expert, le creusement du spread OAT/Bund intègre, mais de façon superficielle, la surperformance de l’Allemagne en matière de réductions budgétaires par rapport à la France. Le gouvernement d’outre-Rhin prévoit un déficit de 3,5% du PIB en 2011, à comparer à 6% pour l’Hexagone.
Alors que son image a été ternie en septembre et octobre par les tensions sociales, la France, notée AAA par les agences de notation, présente des niveaux d’endettement et de déficit élevés. Selon Eurostat, douze États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB en 2009, dont celui de la France (78,1%), du Portugal (76,1%) et de l’Irlande (65,5%).
D’après Cyril Regnat, le spread OAT/Bund 10 ans est sensible au flux d’actualité concernant les dettes souveraines périphériques. Il présente surtout aujourd’hui un ratio de corrélation à 3 mois vis-à-vis des spreads à 10 ans dette irlandaise/Bund et dette portugaise/Bund, de 0,86 et 0,73 respectivement, contre une corrélation sur les douze derniers mois de 0,68 et 0,71. En revanche, il réagit beaucoup moins aux spreads à 10 ans espagnol et grec contre Bunds, suite à l’apaisement relatif observé en Espagne et en Grèce. Sa corrélation à 3 mois avec ces derniers n’est respectivement que de 0,44 et -0,32, à comparer à 0,715 et 0,59 sur un an.
Au bout du compte, aux yeux du stratégiste, un accord en Irlande permettrait au spread OAT/Bund de se resserrer. A moyen terme, il envisage un retour vers un niveau de 20 pb.
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