La dette corporate hybride séduit les investisseurs à la recherche de rendement

Deux sociétés européennes, UCB et Lottomatica, prévoient d’émettre prochainement ces titres pouvant être comptabilisés en equity
Violaine Le Gall

Le marché de la dette hybride corporate s’étoffe peu à peu. Le groupe pharmaceutique belge UCB a commencé hier un road show en Europe pour présenter son projet d’émission.

Rouvert en février dernier par le fournisseur d’électricité Tennet après une fermeture de plusieurs années, le marché primaire de la dette hybride corporate s’est redynamisé en septembre dernier, avec quatre émissions en Europe, notamment celle de Suez Environnement. Au total, cinq groupes ont émis en 2010 pour 4,8 milliards d’euros de ces obligations de maturités très longues assorties généralement de plusieurs options de rachat (call) pour l’émetteur. «Il y a clairement eu de la demande pour ces structures de dette, mais elle s’est montrée capricieuse par temps de forte volatilité», commentent les analystes crédit de Barclays Capital.

UCB élargit la palette des sociétés ayant décidé récemment d’émettre des titres hybrides. De fait, le groupe pharmaceutique, coté à Bruxelles, n’est pas noté par une agence de notation. L’émetteur financera son développement sans diluer ses actionnaires et sans alourdir son endettement puisque les titres seront traités comme de l’equity. «Avec cette émission institutionelle, nous ciblons également la clientèle de la banque privée, explique Maxime Paran, responsable de l’origination en France pour ING, chef de file avec BoA Merrill Lynch et BNP Paribas sur l’opération. Les dettes corporate hybrides sont actuellement recherchées par les investisseurs car elles offrent des rendements élevés dans un contexte de taux bas

D’autres opérations pourraient suivre, notamment celle de l’italien Lottomatica qui a dévoilé son projet la semaine dernière. «Avec les nouvelles opérations attendues, nous pensons que le marché de la dette hybride corporate continuera de gagner en dynamisme et en intérêt, en particulier si la volatilité et les rendements restent bas», expliquent les analystes de Barclays Capital.

Mais ce marché n’est pas insensible à la crise de la dette souveraine. L’opérateur d’électricité portugais EDP et l'énergiticien espagnol Iberdrola qui souhaitaient émettre des titres hybrides ont finalement renoncé. Ce marché est aussi limité par un obstacle plus permanent: le coût des émissions pour les entreprises. En septembre dernier, Suez Environnement avait émis des titres super subordonnés avec un coupon initial à taux fixe de 4,82%.

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