La dette américaine a joué à plein son rôle de valeur refuge en septembre
Avec un record de 4.660 milliards de dollars en septembre, les investisseurs étrangers détiennent désormais 48,4 % de la dette des Etats-Unis
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Patrick Aussannaire
En pleine crise de la dette souveraine en zone euro, les Treasuries ont joué à plein leur rôle de valeur refuge. Selon le dernier rapport mensuel des «TIC» publié par le Trésor américain, les banques centrales étrangères ont acheté 38,8 milliards de dollars en titres d’Etat américains en septembre. Au total, les achats nets par les investisseurs étrangers ont atteint 84,5 milliards, contre 60,1 milliards en août, entraînant ainsi le taux 10 ans à un plus bas historique de 1,672%, avant de remonter à environ 2% hier. Avec un record de 4.660 milliards de dollars en septembre, en hausse de 1,9%, les investisseurs étrangers détiennent désormais 48,4% du total du stock de dette des Etats-Unis.
Le montant de titres détenus par la Chine a progressé de 11,3 milliards à 1.148 milliards fin septembre, soit 12% de la dette américaine. Après une baisse en août, le mois de septembre marque la plus forte augmentation mensuelle depuis octobre 2010. Le président de China Investment Corp a néanmoins expliqué qu’il lui était difficile de sortir de ses investissements en dette étrangère, dans la mesure où cela conduirait à «une rapide dévaluation des actifs détenus». Et Gao Xiqing de rappeler que la Chine n’a pas vocation à soutenir les pays «quel qu’en soit le coût économique». Le Japon a porté de 936,6 à 956,8 milliards sa détention d’obligations américaines, soit 10% de la dette totale, et le Royaume-Uni a accru sa part de 24,4 milliards à 421,6 milliards.
Si les investisseurs étrangers se sont rués vers les titres d’Etat, ils ont néanmoins délaissé les sociétés américaines. Les achats d’obligations d’entreprise ont ainsi ralenti de 8,82 milliards en août à 7,05 milliards en septembre, et les investisseurs étrangers ont cédé 19,25 milliards d’actions américaines, contre des achats de 6,49 milliards en août.
Dans le cadre de son opération «Twist» de 400 milliards destinée à maintenir un coût de la dette peu élevé, la Fed a racheté hier 5 milliards d’obligations à échéances 2020 et 2021. Le Trésor devrait adjuger 35 milliards de titres à 2 ans et 5 ans et 29 milliards de titres à 7 ans la semaine prochaine. Le «TED spread» s’est écarté hier à 47 bp, son plus haut niveau depuis juin 2010, mais reste loin des 464 bp d’octobre 2008.
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