La désunion de la coalition au pouvoir à Dublin fait peser un risque sur le vote du budget

Confronté à une crise politique, le Premier ministre a annoncé la tenue d’élections législatives anticipées en début d’année prochaine
Antoine Duroyon

Brian Cowen est monté hier soir au créneau pour tenter d’apaiser les turbulences causées par le recours à l’aide internationale. Le Premier ministre a joué une partition délicate, se devant d’accorder des concessions politiques à l’opinion irlandaise tout en réaffirmant sa détermination à maintenir le cap de la rigueur sous la pression des créanciers internationaux.

Aux électeurs, le Premier ministre a promis des élections législatives anticipées en début d’année prochaine, une fois le budget 2011 voté au Parlement. L’exécutif lâche ainsi du lest, alors que des fissures sont apparues au sein même du camp gouvernemental.

La coalition au pouvoir, qui ne détient que trois sièges de majorité, pourrait voir cette marge se réduire à deux sièges à l’occasion d’une élection partielle organisée jeudi. Or, deux élus indépendants ont menacé hier de ne pas approuver le prochain budget qui doit être présenté devant le Dail, la chambre basse du Parlement, le 7 décembre. Les Verts ont indiqué qu’ils soutiendraient le texte mais se retireraient de la coalition après le vote.

Alors que le sort du budget 2011 pourrait donc se retrouver à la merci de l’opposition (dont le parti travailliste et le Fine Gael), Brian Cowen en a appelé à l’unité nationale et au sens de la responsabilité. «Les intérêts de l’électorat, et du pays tout entier, ne seront pas servis en retardant ou, pire encore, en émettant des doutes sur les mesures qui sont nécessaires pour sécuriser notre économie et la stabilité financière», a-t-il déclaré.

L’hypothèse d’un rejet du budget est du plus mauvais effet alors que le pays a entamé les négociations avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international. «Ces discussions s’inscrivent dans le contexte des mesures budgétaires qui doivent prendre effet», a souligné le Premier ministre. Du côté de la BCE, Jürgen Stark maintenait la pression en rappelant que «les prêts reposent sur des conditions strictes». «Si l’Irlande ne respecte pas ces conditions, il n’y aura plus de versements», a-t-il prévenu.

Les syndicats ont appelé à une manifestation contre l’austérité le 27 novembre à Dublin, trois jours après la présentation d’un plan d’austérité, qui prévoit dix milliards d’euros de baisse des dépenses publiques et cinq milliards de hausses d’impôts sur quatre ans.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...